Mutinerie de quartier poursauver la prison Saint-Michel

Hélène ménal

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Le bâtiment de briques rouges et son castelet d'entrée datent du xixe siècle.
Le bâtiment de briques rouges et son castelet d'entrée datent du xixe siècle. — A. Duquesnel / 20 minutes

Elle fait partie de ces fameux « bijoux de famille » dont l'Etat va se séparer pour renflouer ses caisses. La prison Saint-Michel, désertée par les détenus depuis bientôt un an, est à un carrefour de son histoire. L'affaire n'est pas nouvelle puisque l'ancienne municipalité avait déjà prévu de faire de ce site original et de ses bâtiments disposés en étoile un lieu de création culturelle. Mais un autre scénario pointe son nez et fait trembler les riverains : celui d'une disparition pure et simple. L'Etat a en effet demandé trois types d'estimations de la bâtisse à son service spécialisé des Domaines qui devrait livrer son verdict à la mi-septembre. « La première sur l'hypothèse d'une conservation totale de la structure, la deuxième dans celle d'une conservation partielle, la troisième en cas de démolition », indique la préfecture. Cette dernière option serait sans conteste la plus rentable pour l'Etat car elle libérerait des terrains à bâtir en plein centre-ville et ouvrirait la voie à la spéculation immobilière.

L'arme du classement
« Pour nous, c'est clair, la prison est en péril », affirme Guillaume Drijard, le président du Comité de quartier. Pour contrer l'hypothèse immobilière, les riverains s'apprêtent à lancer une pétition. En guise de bouclier, ils comptent aussi demander officiellement une protection de l'ensemble du site au titre des bâtiments historiques. Et une première étape cruciale se profile : mercredi prochain, les portes de l'ancienne maison d'arrêt s'ouvriront pour laisser entrer les spécialistes de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Ils doivent en évaluer l'intérêt historique.