Un toit pour trouver l'équilibre

Béatrice Colin

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Ce dispositif porte sur 100 volontaires.
Ce dispositif porte sur 100 volontaires. — F. Scheiber / 20 minutes

Près d'un tiers des personnes à la rue présente des troubles psychiatriques graves selon une étude récente. Un constat alarmant pour l'Etat qui vient de lancer, à Toulouse et dans trois autres villes françaises, un programme expérimental intitulé « Chez soi d'abord ». Au cours des trois prochaines années, cent sans-abris souffrant de troubles psychiatriques vont être logés dans un appartement et accompagnés quotidiennement par une équipe pluridisciplinaire, composée d'un psychiatre, d'un médecin ou encore de deux travailleurs sociaux. A titre comparatif, un groupe d'une centaine de SDF à la rue sera aussi suivi.

Premiers logements début 2011
« L'objectif est de vérifier si on arrive à améliorer leur état en les installant dans un logement individuel et en assurant leur suivi sur une période longue », souligne Yann Ludmann, sous-préfet chargé de la cohésion sociale.
D'ici à la fin de l'été, les membres de l'équipe seront recrutés. Après avoir noué des partenariats avec les associations de terrains pour trouver des volontaires, ils devront se mettre en quête d'appartements, principalement dans le parc privé. Les bailleurs auront la garantie du paiement du loyer par l'Etat qui investit pour ce projet un million d'euros sur trois ans. Début 2011, les premières SDF devraient intégrer leur nouveau logement pour atteindre une cinquantaine de personnes d'ici à la fin de l'année prochaine. Pour éviter le processus inverse, et voir des personnes aux problèmes mentaux se retrouver à la rue, l'Hôpital Marchant et le bailleur social Patrimoine Languedocienne ont signé en janvier un partenariat. Une première en Midi-Pyrénées. « Nous mettons à la disposition de l'hôpital cinq logements pour leurs malades stabilisés. Le premier locataire s'est installé le 1er juin dernier. Cela permet à l'hôpital de réinsérer, tout en poursuivant un suivi régulier d'un médecin », relève Claire Avril, secrétaire général de la société HLM.

exemple

La France s'appuie sur l'expérience des Etats-Unis,où ce dispositif a été mis en place entre 2005 et 2007.Selon les villes, 70 à 80 %des personnes sont encoredans leur logementaprès quatre ans.