le big brother toulousain sous surveillance

béatrice colin

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Neuf opérateurs se relaient 24h/24 au centre de vidéosurveillance de Saint-Cyprien.
Neuf opérateurs se relaient 24h/24 au centre de vidéosurveillance de Saint-Cyprien. — Patrice Nin / mairie de Toulouse

Pour savoir si elle doit débrancher les 24 caméras déjà installées sur la voie publique ou, au contraire, doubler, voire tripler leur nombre, la municipalité a décidé d'auditionner ce jeudi neuf experts. Seize élus, toutes tendances confondues, vont entendre le retour d'expérience de policiers européens, mais aussi de partisans de la vidéosurveillance ou de farouches opposants, à l'instar de Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme. « Cela remet en cause la liberté de circuler. Londres est une caricature en la matière, c'est l'une des villes les plus vidéo surveillées d'Europe, ça n'a malheureusement pas empêché les attentats. Aujourd'hui, la question de la présence de caméras doit se poser en terme d'utilité et de respect des libertés. C'est intéressant d'avoir un débat démocratique autour du sujet », relève cet avocat militant.

Commission éthique
Il pourra confronter ses idées à celles de Jean-Louis David, l'adjoint au maire UMP de la ville de Bordeaux chargé de ces questions. Lancé il y dix ans dans la capitale girondine, le système de vidéosurveillance compte aujourd'hui une trentaine de caméras. « Avant d'en installer nous faisons un diagnostic avec la police nationale et la justice pour savoir si cela aura une utilité. Mais notre position est très modérée, nous l'utilisons avec parcimonie et pour nous ce n'est pas un remède à tous les maux. Cela reste aussi une question de climat social, en termes de délinquance, Bordeaux est dans une situation tempérée », avance l'élu de la majorité présidentielle, loin d'être un chantre de la politique volontariste du gouvernement en la matière. Pour encadrer ce système, il a décidé de mettre en place une commission éthique composée d'experts. A l'image de celle qui existait sur Toulouse, en 2007, lors de l'installation des premières caméras. Mais depuis deux ans, celle-ci ne fonctionne plus. Elle sera remise au goût du jour si la vidéosurveillance est maintenue assure le maire.

24 caméras

La Ville rose dispose de 24 caméras filmant la voie publique 24h/24, 7 J/7 : 17 sur l'hyper centre, 6 pour le contrôle d'accès de rues et une caméra sécurisant le centre de vidéosurveillance urbaine à Saint-Cyprien. Au total, neuf opérateurs se relaient derrière les écrans. Depuis mardi dernier, toutes les images sont transférées à la police nationale, mais la municipalité en garde le contrôle. En place depuis juin 2007, la vidéosurveillance bénéficie d'un budget annuel de 251 500 €.