Un nouveau souffle pour Saint-Agne

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Avec le vaste projet de réhabilitation de la caserne Niel, la fin des travaux étant prévue pour 2007, Saint-Agne devrait retrouver un peu de sa verdure. Celle d’antan, lorsque le quartier était alors peuplé de maraîchers autour de l’église Sainte-Germaine. Le projet Niel s’accompagne en effet de la création d’un jardin public de deux hectares, qui ferait office de « poumon », selon Gabriel Hoým de Marien, l’architecte en charge du dossier. La réalisation accueillera aussi une grande partie des services du rectorat, une maison de retraite, une crèche, des commerces et de nombreux logements. La future maison des associations, elle, prendra ses quartiers dans l’ancien bâtiment de l’état-major, datant du début du xxe siècle. Les riverains de la caserne Niel ont mis un peu de temps à accepter ce chantier, qui débutera l’an prochain et s’attachera à préserver « l’esprit des lieux ». Un esprit qui avait périclité au fil des réaménagements. Les nombreux cinémas du quartier, par exemple, ont disparu et le Théâtre du Pavé de la rue Maran fait désormais figure d’exception culturelle dans le paysage. « Avec la densification, le service public ne suit pas toujours et on perdra au niveau de la qualité de vie », redoute une habitante. « Par le passé, il n’y a pas toujours eu d’unité architecturale entre les anciennes et les nouvelles constructions dans ce quartier typique des faubourgs de Toulouse », reconnaît Philippe Dufetelle, le maire adjoint. Géographiquement, c’est aussi le coeur de Saint-Agne qui va déménager de plusieurs centaines de mètres, offrant une ouverture vers le quartier d’Empalot. A distance respectable du prolongement de la grande rue Saint-Michel et de son flux incessant de véhicules, qui cohabitent de plus en plus difficilement avec les piétons, empiétant sur les trottoirs et les passages protégés. « C’est un quartier très complexe, avec une grande diversité sociale qui va de l’aisance à la plus grande précarité », explique Raoul Normand du comité de quartier Saint-Agne-Niel. « La caserne était un espace calme. Avec ce projet, les gens ont eu peur que Saint-Agne perde de son identité », conclut-il. Fabrice Voné