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Coupe du monde de rugbyComment Toulouse va devoir s’adapter aux touristes japonais

Toulouse : Comment la ville va devoir s’adapter aux touristes japonais

Coupe du monde de rugbyDes touristes particuliers et un enjeu économique à la clé pour la rentrée
Durant la venue d'Hitoshi Ono, ancien joueur de l'équipe japonaise des Brave Blossoms à la suite de l'obtention de son titre officiel « d'Ambassadeur de l’amitié franco-japonaise » pour la Coupe du monde de Rugby 2023
Durant la venue d'Hitoshi Ono, ancien joueur de l'équipe japonaise des Brave Blossoms à la suite de l'obtention de son titre officiel « d'Ambassadeur de l’amitié franco-japonaise » pour la Coupe du monde de Rugby 2023 - Remi Déligeon / Agence d'attractivité Toulouse.
Lucie Tollon

Lucie Tollon

L'essentiel

  • À partir du 2 septembre 2023, le Japon élira domicile à Toulouse pour environ un mois. La délégation nippone sera en effet dans la Ville rose durant toute la durée de la phase de poules de la compétition, soit quatre semaines et demie à partir du 2 septembre 2023.
  • Avec la délégation, les supporteurs nippons feront aussi le voyage et la Ville rose s’attend à accueillir près de 13.000 Japonais. Un nouveau public local qui exige quelques ajustements…
  • Si les commerces et hôtels ont été formés à la venue des Japonais, 20 Minutes vous donne quelques conseils pour bien accueillir nos nouveaux touristes.

Ce sont près de 13.000 Japonais qui vont envahir la Ville rose à l’occasion de la Coupe du monde de rugby qui démarre le 8 septembre en France. Durant cinq semaines, les Nippons vont pouvoir profiter du bel air toulousain et de tout ce que la Gascogne a à offrir en dehors des stades. Mais, si entre les vins, la gastronomie, l’art et la musique, il y a tout pour plaire aux Japonais, la ville doit tout de même s’adapter à ces nouveaux touristes à la culture, la langue et des exigences différentes.

« Les Japonais ont besoin d’avoir un produit irréprochable. Ils n’aiment pas non plus les retards, donc il faut dire adieu au quart d’heure toulousain. Ils ont également besoin de sécurité et de beaucoup d’hygiène… », énumère Benoît Auvray, référent tourisme du comité d’organisation de la Coupe du monde de rugby à Toulouse. Ce dernier aménage des formations, depuis le mois de mai, pour les commerçants, les hôteliers et tout établissement accueillant du public pour qu’ils s’adaptent à une toute nouvelle clientèle. « Nous avons travaillé sur la traduction de menu, de la signalétique dans le privé comme sur la place publique pour que les Japonais puissent s’y retrouver : dans des restaurants autant que dans les transports. Il faut savoir qu’ils ne parlent que très peu anglais et encore moins français. Nous devons ajuster notre ville à leur venue et leur facilité la vie », ajoute le formateur.

Des épicuriens à Toulouse : ça matche

Un abécédaire des questions utiles a aussi été construit pour aider les accueillants à toutes les problématiques des Japonais. 150 bénévoles japonophiles sont également sur les starting-blocks pour réceptionner au mieux ces personnes. Le dessein : « Il faut que les Japonais soient le plus possible drivés. C’est ce qu’ils attendent de nous ». Et pour cause, si ces Nippons viennent profiter des matchs de leur équipe et de la collaboration entre leur pays et le Stade Toulousain, ces derniers sont également là pour faire du tourisme. « Ce sont, pour beaucoup, leurs seules vacances de l’année, il y a un gros enjeu économique derrière », estime Benoît Auvray. Et pour ces épicuriens, Toulouse sera un véritable bonheur, si elle leur est accessible.

En dehors du rugby et des matchs, l’office de tourisme, la ville avec le concours du comité d’organisation travaillent sur la promotion du patrimoine local : une réflexion a été faite sur Le Petit Prince – un best-seller au Japon – et l’histoire de l’aéronautique et de Saint-Exupéry à Toulouse, par exemple. Nos nouveaux touristes sont également passionnés de musique classique et un programme a été établi avec l’orchestre de chambre du Capitole. Bref, la Ville rose veut séduire la Japon et se met en quatre.

Les choses à faire et à ne pas faire

Si les commerçants de la ville et les institutions sont formés à l’accueil des Japonais, pour les supporteurs, les habitants et autres touristes, il faudra également faire attention. Alizée Golfier, journaliste toulousaine à la tête de la chaîne YouTube CultureJapon1 et son collègue Rémi Cazamea nous donnent quelques conseils : « La politesse est primordiale : avoir le sourire, être bienveillant, être accueillant, mais garder une certaine distance physique et d’espace. Ils ne sont pas vraiment tactiles », expliquent les deux passionnés. « Le respect des gestes barrières par rapport au Covid est bienvenu aussi. La fin des restrictions là-bas est récente et cela ne les empêche pas de porter un masque. Ce sera appréciable pour eux ». Question comportement, il faudra aussi être serviable et ne pas dire non. « Si possible, évitez de dire un « non » trop franc, trop catégorique. C’est très violent pour eux. Il faut savoir mettre les formes avec eux », ajoutent les journalistes.

Enfin, si vous êtes invités à manger avec des Japonais, voici quelques règles qui pourraient vous sauver : « Il ne faut jamais planter de baguette dans la nourriture, c’est très mal vu. On ne se passe pas, non plus, de nourriture de baguette à baguette directement. On ne dit pas tchin-tchin (c’est l’appareil génital masculin en japonais), on dit Kampaï. Si vous buvez un coup à table, la règle est simple : au Japon, ils se servent mutuellement. Si vous servez à boire, il faut attendre que l’un des servis vous serve en retour. » Voilà, vous êtes enfin prêt à accueillir les Japonais, à les dorloter en ville et les battre sur le terrain de rugby.

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