La vague verte des pêcheurs urbains

Aline Royer

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Le street fisher est une nouvelle espèce de pêcheurs qui prolifère dans la Ville rose. Trentenaire, actif, suréquipé en cannes high-tech ultralégères et leurres importés des Etats-Unis, on le voit crapahuter sur les berges de la Garonne ou du canal. Côté look, point de bottes en caoutchouc, ni de gilet à poches. Il est plutôt jean, casquette et tee-shirts siglés « no kill ». « On est loin de l'image d'Epinal du pépé assis qui regarde son bouchon », explique Richard Aulio, créateur du forum Carnatoulouse* qui compte 310 membres.

Des « anciens » bienveillants
Samedi, jour d'ouverture de la pêche aux carnassiers, ils étaient au rendez-vous port de l'Embouchure, malgré la pluie battante, pour tâter du brochet et du black-bass. « L'intérêt c'est de pouvoir pêcher à proximité de son lieu de travail sans faire des kilomètres en voiture », souligne Bruno, clerc de notaire et véritable fondu. « J'ai toujours mon matériel dans le coffre, y compris un float-tube gonflable pour aller au milieu des gravières. » Avec cette grosse bouée, les street fishers font sensation quand ils s'installent sous le Pont Neuf, au beau milieu du fleuve. « La réaction des gens est amusante. Souvent ils nous questionnent : vous mangez le poisson ? », sourit Richard, qui en profite toujours pour rappeler qu'il y a une biodiversité à préserver dans le canal du Midi. En mars, ces pêcheurs écolos ont d'ailleurs participé à une opération de nettoyage des berges. Les anciens, eux, s'amusent de cette mode de la pêche urbaine. « Il n'y a que dans le street fishing qu'on voit autant de jeunes, et puis ils paient leur carte de pêche comme les autres », note Christian Tertre de l'association de Pêche de Toulouse, qui cofinance la seconde compétition de street qui se tiendra à Toulouse le 26 septembre.