Un gros zoom avant de multiplier les caméras

Hélène Ménal

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Il ne cache pas sa « perplexité » mais demande quand même à voir. Pierre Cohen, le maire de Toulouse, a décidé d'ouvrir le débat sur la vidéosurveillance. Et pour bien balayer le paysage, une réunion publique aura lieu le 24 juin, en présence « d'experts » venus d'autres villes de France, voire de Londres et de Barcelone. Ils répondront aux questions des élus municipaux et des habitants. Le sujet sera ensuite abordé au sein de la commission locale de lutte contre la délinquance, où siègent élus et autorités, mais aussi des associations. Il sera tranché, in fine, au Capitole.

Actualité brûlante
En choisissant ce processus à étapes, le maire veut montrer qu'il n'est « pas arc-bouté » sur ses positions. Mais aussi, qu'il ne « cède pas à la pression » après l'émotion suscitée par le viol qui a eu lieu le 10 avril dans la rue des Couteliers, et dont il juge que l'opposition fait une « exploitation ignoble ». Par ailleurs, maintenant que les maires de Blagnac, Tournefeuille et Colomiers semblent convertis, Toulouse est la seule ville en zone de police à résister encore à la généralisation des caméras. Enfin, les policiers municipaux cesseront « bientôt » de patrouiller entre minuit et trois heures du matin. Une mesure d'ores et déjà vivement critiquée par l'ancien maire Jean-Luc Moudenc, qui a lui-même installé 18 caméras en centre-ville et juge « dommage qu'il ait fallu une actualité dramatique pour que le maire accepte enfin de parler de vidéosurveillance ». Jean-François Mignard, de la Ligue des droits de l'homme, reste « convaincu de la totale inefficacité du procédé » et critique « l'énorme pression que le préfet met sur les maires ». Mais il se réjouit de l'organisation du débat.