Haute-Garonne : Un week-end sans arbitre sur les terrains de foot amateur après une série d’agressions

Carton rouge Pour dénoncer la montée des violences sur les terrains, le district de football de la Haute-Garonne a décrété qu’aucun des 450 arbitres du département n’officiera ces 3 et 4 décembre lors des 300 rencontres de football amateur prévues

Béatrice Colin
Les arbitres de la Haute-Garonne n'officieront pas les 3 et 4 décembre 2022 après une série d'incivilités.
Les arbitres de la Haute-Garonne n'officieront pas les 3 et 4 décembre 2022 après une série d'incivilités. — Syda prod Canva
  • Le 12 novembre dernier, lors d’une rencontre entre deux clubs seniors de la Haute-Garonne, l’arbitre a été frappé.
  • Cette nouvelle agression a poussé le district de football à prendre la décision d’un week-end sans arbitre sur les terrains du département.
  • Des violences qui se sont accrues ces deux dernières années, sur et autour des terrains de football de la Haute-Garonne qui compte 41.000 licenciés.

C’est l’agression de trop. Le 12 novembre dernier, lors d’un match de football amateur opposant deux clubs seniors de la Haute-Garonne, l’arbitre de la rencontre a été frappé, à coups de poing et de pieds. Une agression rare mais qui dénote d’un climat de plus en plus violent sur et aux abords des terrains, en proie à de nombreuses incivilités, que ce soit chez les plus jeunes ou les adultes.

Pour marquer le coup, le district de football, qui compte pas moins de 41.000 licenciés dans 200 clubs, a décrété un week-end sans arbitre. Les quelque 300 matchs qui se jouent chaque week-end sur les pelouses du département seront maintenus, « mais les clubs se débrouilleront », indique Jean-Marc Sentein, le président du district. « L’autorité de l’arbitre, comme celle des enseignants, des policiers municipaux, est de moins en moins respectée. Et si les adultes ne le font pas, pourquoi les enfants le feraient », déplore ce responsable, qui a vu monter en puissance ces deux dernières années les faits de violences.

Clip de sensibilisation et « carton blanc »

Chaque week-end, sur les 300 rencontres, près de 5 % connaissent des problèmes d’incivilités, aussi bien en zone rurale qu’urbaine. « Chez les jeunes, ce sont les parents présents qui vont contester les décisions parce qu’ils pensent qu’ils sont à la Coupe du Monde ou en Ligue des champions. Chez les plus grands on a maintenant des violences physiques avec des jours d’ITT : depuis la reprise de la saison, en septembre, on en a eu trois. Avant cela prenait la forme d’agressions verbales, demain, après les agressions physiques ce sera quoi ? Un fait divers ? », s’interroge Jean-Marc Sentein, qui assume cette décision « même si c’est dur pour une grande majorité de clubs ».



Pour endiguer ce fléau de la violence, ces instances départementales avaient déjà tourné un clip « Touche pas à mon foot » pour sensibiliser les parents et les plus jeunes au respect des valeurs du football. Et depuis septembre, l’opération « carton blanc » est en vigueur. Lorsqu’une personne du banc de touche a un mauvais comportement, l’arbitre peut sortir un carton blanc et l’éducateur doit alors désigner un joueur de champ qui subira l’exclusion temporaire à la place du fauteur de troubles. Un travail est en cours aussi pour pouvoir, à partir d’une application, signaler par une alerte tous les incidents graves lors d’un match, que ce soit au corps arbitral, aux présidents des clubs ainsi qu’au district.