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UrbanismeEt si l’ancienne prison Saint-Michel de Toulouse accueillait un collège ?

Toulouse : Un collège dans un ancien lieu de détention ? Ce sera peut-être l’avenir de l’ex-prison Saint-Michel

UrbanismeUne dizaine d’entités ont répondu à l’appel à idées pour reconvertir l’ancienne prison Saint-Michel, lancé par l’Etat
La prison Saint Michel. 24/05/2011 Toulouse
La prison Saint Michel. 24/05/2011 Toulouse - Frédéric Scheiber/20MINUTES / Frédéric Scheiber/20MINUTES
Béatrice Colin

Béatrice Colin

L'essentiel

  • Le projet d’installer un auditorium au sein de l’ancienne prison Saint-Michel, à Toulouse, semble désormais caduc, la mairie n’ayant pas fait d’offre d’achat du site de près de deux hectares.
  • Pour lui trouver une destination, l’Etat, propriétaire a lancé un appel à idées qui a reçu une dizaine de propositions.
  • Parmi elles, celle du conseil départemental de la Haute-Garonne, qui propose d’y construire un collège, ainsi qu’une salle culturelle, des espaces verts et des logements.

Après avoir été durant près d’un siècle et demi un centre de détention, la prison Saint-Michel pourrait bien être transformée un jour en lieu d’éducation et ses cellules transformées en salles de classe. C’est en tout cas l’un des projets de reconversion soumis à l’Etat, propriétaire des lieux, en réponse à son appel à idées qui vient de se clôturer. Au total, une dizaine de projets « avec des contenus très variés, intéressants et documentés » ont été envoyés aux services de l’Etat. Parmi lesquels ne figure pas celui de l’auditorium de la mairie de Toulouse.

Pourtant, il a tenu la corde pendant près d’une décennie. Après moult rebondissements et discussions, l’idée d’implanter un espace destiné à l’orchestre du Capitole semble désormais caduque. Ce projet de « Cité de la musique », une promesse de campagne de Jean-Luc Moudenc, était bien avancé. Agrémenté de logements, pour équilibrer un peu la facture, et d’un jardin ouvert sur le quartier, il avait fait l’objet d’une concertation publique. Et pour donner un coup de pouce, les services de l’Etat avaient même revu à la baisse le prix de vente de 11 à 5,5 millions d’euros, attendant que la ville se porte acquéreur.

Ce qui n’est jamais arrivé. Le maire a indiqué récemment qu’il ne s’était pas senti soutenu pour le financement du projet d’auditorium. « Il nécessite, au bas mot, 150 millions d’euros et - comme cela a été le cas à Paris pour la Philharmonie par exemple - un cofinancement de tous les partenaires, en particulier de l’Etat. A partir du moment où il n’y a pas eu cet engagement de l’Etat, nous avons différé le projet. Acheter pour acheter, sans financement, n’a aucun intérêt », assure-t-il. Avant de préciser que si sa réalisation n’était pas pressée, il conserve la conviction « qu’il faut le faire ». « Nous sommes en train de voir s’il y a une alternative pour l’installer ailleurs », a confirmé l’édile ce mercredi qui ne désespère pas que l’un des candidats au rachat de la prison Saint-Michel « ménage la possibilité de construire l’auditorium à cet endroit ».

Le comité de quartier pour un équipement public

A défaut d’un lieu à l’acoustique parfaite, l’Etat a cherché de son côté une autre destination en lançant son appel à idées. Tout en imposant certaines règles pour conserver l’histoire passée de ce lieu atypique : ses deux tours crénelées lui donnent des airs de château fort du Moyen Age. Sans compter l’architecture même de la prison, dite « Philadelphienne », avec ses cinq branches en étoile autour d’une rotonde.

Malgré cette configuration particulière, le conseil départemental a décidé de se lancer en proposant d’y créer un collège, une salle de spectacles, un îlot de verdure ouvert au public et des commerces, notamment à vocation culturelle. Mais aussi des logements destinés aux jeunes, aux seniors mais aussi en accession à la propriété via le bail réel solidaire. Le tout en préservant ce lieu patrimonial et en respectant les normes environnementales.

Mais la collectivité n’est pas la seule à s’être mise sur les rangs, même si pour l’heure l’identité des autres porteurs d’idées reste méconnue. Mais si un promoteur peut faire pencher la balance en achetant le site au meilleur prix, le Département a de son côté d’autres arguments à mettre en avant. Il possède notamment non loin de la prison, les locaux qui abritent aujourd’hui la gendarmerie, place Lafourcade, juste en face du tribunal judiciaire. C’est là qu’il envisageait au départ de construire son collège lorsque les militaires seront partis. Mais le ministère de la justice s’est montré intéressé. L’Etat pourrait donc faire d’une pierre deux coups.

Sans compter, qu’il n’aurait pas à gérer une levée de boucliers des riverains. « Nous sommes favorables à la création d’un équipement public, en maîtrise d’ouvrage publique. C’est pourquoi nous soutiendrons auprès du préfet l’idée portée par le Département auprès de qui nous défendrons la conservation des cinq ailes de l’étoile », indique Guillaume Drijard, le président du comité de quartier qui s’est investi sur ce dossier et pour qui « le projet d’auditorium à Saint-Michel semble bel et bien enterré ».

Après avoir pris connaissance de l’ensemble des projets, les services de l’Etat, en coordination avec Toulouse Métropole, les présenteront d’ici à la fin de l’année. « Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une démarche préalable au lancement de la procédure officielle de cession du site, que l’Etat souhaite organiser au début de l’année 2023. L’objectif est de permettre à l’Etat de conforter les hypothèses de valorisation sur lesquelles s’appuiera le cahier des charges pour la mise en vente du site », précise la préfecture de la Haute-Garonne.

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