Des prisons un peu moins à la peine

Béatrice Colin

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Le quartier courte-peine a accueilli 130 détenus depuis son ouverture en mai.
Le quartier courte-peine a accueilli 130 détenus depuis son ouverture en mai. — A. duquesnel / 20 minutes

Le bracelet électronique les fait sortir de l'ombre. Petite révolution dans le monde carcéral, cet aménagement de peine est en constante augmentation depuis sa mise en place. « C'est une mesure qui devient de plus en plus importante. L'an dernier nous suivions en même temps 300 à 350 condamnés placés sous surveillance électronique, actuellement ils sont 400. En 2009 cela représente 1 150 poses de bracelets », explique Patrice Katz, directeur interrégional des services pénitentiaires, qui couvrent Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Pour gérer ces détenus en milieu ouvert, un pôle a été créé à proximité de la maison d'arrêt de Seysses.

Baisse de la surpopulation
Et dans le courant du second semestre son activité pourrait doubler puisque la loi pénitentiaire prévoit désormais la possibilité de placer les détenus sous surveillance électronique quatre mois avant leur libération. « Cette mesure permet à la personne de travailler et contribue à faire baisser le nombre de personnes incarcérées dans les établissements », reconnaît Patrice Katz.
Et ainsi de réduire la surpopulation pénale. Pour la première fois depuis dix ans, les effectifs des établissements pénitentiaires ont baissé de 5,17 %. Au 1er janvier 2010, les dix-huit centres de détention et maisons d'arrêt comptaient 4 436 détenus contre 4 667 un an plus tôt. La hausse de 16 % des aménagements de peine y a contribué. L'ouverture de 810 places à Béziers aussi.
Pour la maison d'arrêt de Seysses, la création des soixante places du quartier courte-peine aura permis d'avoir un peu de lest. Dédié aux auteurs de violences ou de délits routiers, il a accueilli depuis mai 130 personnes volontaires condamnées à moins de deux ans de détention. Groupes de parole, préparation à la sortie ou travail sur les addictions font partie de leurs activités quotidiennes. Et ce durant huit semaines. « Ça m'a fait réfléchir sur moi-même. Je ne veux pas récidiver, c'est pour cela que je suis venu », explique Jamel, condamné pour violences. Et pour l'heure, seules sept ou huit personnes passées par cette nouvelle enceinte ont commis un nouveau délit après leur sortie. « La mise en place de ce quartier part d'un bon sentiment, mais ça a ses limites car ils ont du mal à trouver des volontaires », ponctue Laurens Maffre, du syndicat pénitentiaire UFAP-Unsa.

Suicides

L'an dernier, 8 suicideset 226 tentatives ont été enregistrés sur l'interrégion. Pour endiguer ce phénomène, des cellules de protection,sous vidéosurveillance, vont être installées pour les détenusen crise. Seysses en aura deux.