Le procès Viguier à l'heure de certaines vérités

JUSTICE L'amant et l'enquêteur principal sont à la barre, avant le verdict attendu samedi...

Béatrice Colin

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Olivier Durandet, l'amant de Susi, a caché l'une de ses visites chez les Viguier.
Olivier Durandet, l'amant de Susi, a caché l'une de ses visites chez les Viguier. — A. gelebart / 20minutes

Il est attendu de pied ferme à la barre. Après les aveux de l'ancienne baby-sitter des Viguier, mardi, Olivier Durandet, l'amant de Susi, va devoir s'expliquer cet après-midi à la barre des assises du Tarn. Le président et les avocats de Jacques Viguier ne vont pas manquer de l'interroger sur ce qui l'a poussé à mentir ces dix dernières années, à cacher sa visite au domicile de l'accusé deux jours après la disparition de sa maîtresse, et à influencer la baby-sitter pour qu'elle n'en dise mot aux enquêteurs. Une attitude qui lui a valu un placement en garde à vue pour subornation de témoin mardi.

Enquête décortiquée

Combatif en première instance, Olivier Durandet ne devrait pas être dans les mêmes dispositions cette fois-ci. Ce commercial est le dernier à avoir vu Suzanne Viguier, le 27 février 2000, lorsqu'il l'a déposée chez elle après un tournoi de tarot. Mais c'est aussi le premier à s'être inquiété.

«J'estime avoir fait le minimum que je pouvais pour elle », avait-il souligné en avril 2009, lors du premier procès, lorsqu'on l'interrogeait sur son omniprésence au sein de l'enquête. Il en a «trop fait» au goût des défenseurs de Jacques Viguier, pour qui l'enquête a toujours été orientée vers une seule personne: leur client. De fait, le témoignage, demain, du commissaire en charge du dossier à la police judiciaire, Robert Saby, devrait être l'un des temps forts de cette dernière semaine de procès.

>> Notre dossier sur l'affaire Viguier est ici

«Je ne pense pas que l'intime conviction des jurés va seulement reposer sur le témoignage d'Olivier Durandet et sur l'impression que va laisser le commissaire Saby», affirme Francis Szpiner, avocat d'une des sœurs de Susi, en référence aux incohérences et imprécisions de Jacques Viguier en fin de semaine dernière.