L’obésité touche aussi les riches

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Une étude qui bat en brèche quelques idées reçues. Demain, à l’occasion du symposium Alimentation santé, Jean-Pierre Poulain, sociologue à l’université du Mirail, rendra les conclusions d’une étude lancée en 2001 sur la relation entre corpulence et alimentation. « Il existe des lieux communs comme celui de penser que l’obésité touche uniquement les gens en bas de l’échelle sociale, alors que chez les hommes, il y a aussi des cas en haut de l’échelle », indique ce spécialiste de la question. Les chiffres sont d’ailleurs éloquents. Les 1 423 personnes interrogées ont été séparées en sept sur l’échelle sociale : de très haut à précaire. 16,7 % des hommes en voie de précarisation, dont la situation professionnelle et les revenus se dégradent, sont obèses. La proportion est quasi identique pour les hommes dont les revenus sont élevés, touchés à 16,1 % par ce problème. Par contre, seulement 7,9 % d’hommes en situation déjà précaire sont concernés par l’obésité. Plusieurs raisons sont à l’origine de ce phénomène, comme l’alimentation peu variée ou encore un manque d’activité physique. Chez les personnes aux revenus plus importants, « les bouffes au restaurant le midi » ont une incidence sur leur corpulence, et en Midi-Pyrénées, on en est pas exempt. Ce qui est loin d’être le cas des populations masculines en voie de précarisation. « Pour eux, manger est une réponse à l’anxiété. C’est un mécanisme de stockage, une façon de prévoir l’avenir », explique Jean-Pierre Poulain. L’obésité se retrouve aussi chez les femmes, mais uniquement pour celles qui sont socialement défavorisées. Par contre, une tendance touche à égalité tous les groupes sociaux : le surpoids. B. C.

à savoir Le 2e symposium Alimentation santé se tient aujourd’hui et demain à l’Ecole supérieure d’agriculture de Purpan. Organisé par le pôle Aliment santé, il dresse un état des lieux de la recherche sur ce thème.