Les victimes n'abandonnent pas

Julie Rimbert

— 

Certaines parties civiles ne lâchent pas le morceau. Les avocates de deux associations de victimes de l'explosion de l'usine AZF veulent s'appuyer sur le jugement du tribunal correctionnel démontrant les « tromperies » de l'industriel au cours de l'enquête pour engager de nouvelles poursuites lors du procès en appel. « Le délibéré de jeudi ouvre de nouvelles portes sur la mise en danger de la vie d'autrui bien avant l'explosion de l'usine. Lors des débats, le tribunal a pointé les manquements réglementaires et organisationnels de Grande Paroisse avant la catastrophe. Nous demandons au parquet de nous entendre sur ces fautes qui n'ont pas été qualifiées lors du premier procès », explique Stella Bisseuil, avocate de l'Association des familles endeuillées.

Ces parties civiles fustigent également le rôle de la commission d'enquête interne de Total, qui n'a pas mis toutes les preuves à la disposition de la justice. « Le tribunal a démontré les mensonges du groupe Total, en particulier ses investigations conduites de manière fallacieuse dans le but d'écarter la piste chimique, dénonce Agnès Casero, avocate du Comité de défense des victimes d'AZF. Nous réclamons donc l'ouverture de nouvelles procédures pour faux témoignages ou délit d'entrave à la justice. Le procureur ne veut pas engager de nouvelles poursuites et nous a invités à soutenir l'action publique dirigée maintenant par la cour d'appel. » Loin d'être découragées, les parties civiles espèrent dégager des faits nouveaux après relecture des procès-verbaux de l'audience et envisagent même de porter plainte elles-mêmes contre l'industriel. W