Les victimes veulent être reconnues

Julie Rimbert

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Les Toulousains souhaitent connaître les vrais responsables de la catastrophe.
Les Toulousains souhaitent connaître les vrais responsables de la catastrophe. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Après avoir patienté quatre mois, les 3 184 parties civiles du procès AZF connaîtront jeudi le jugement rendu par le tribunal correctionnel. Huit ans après l'explosion, si la majorité des sinistrés ont déjà été indemnisés, tous attendent encore d'être reconnus officiellement comme victimes de la catastrophe. Près de 400 parties civiles ont participé au procès sans être représentées par un avocat.

« Certains Toulousains ont attendu l'ouverture du procès en février pour se constituer partie civile, explique François Axisa, bâtonnier de l'ordre des avocats de Toulouse. Notre permanence à la salle Jean-Mermoz a procédé à 92 consultations sur place, mais seulement 38 personnes ont décidé de se porter partie civile. Ces particuliers veulent avant tout que la justice reconnaisse leur statut de victimes. » Pour Agnès Casero, avocate du Comité de défense des victimes d'AZF, les sinistrés ne sont pas venus réclamer des indemnités, mais la recherche de la vérité. « Il y a eu peu de demandes d'intérêts civils, les Toulousains veulent en priorité désigner les vrais responsables de cette catastrophe. » Pendant six mois, la maison de Patrick Tejero, située route d'Espagne, a porté les stigmates de l'explosion. Ce Toulousain attend un jugement reconnaissant la culpabilité industrielle de Grande Paroisse, mais aussi des organismes qui ont délivré à AZF les autorisations d'exploiter. « L'enchaînement des événements n'est pas uniquement lié à l'accident, mais à des négligences des personnes chargées de surveiller ce site à risque, constate Patrick Tejero. Les responsables n'ont pas tous été poursuivis par la justice, ce qui me révolte car il ne doit pas exister d'impunité dans notre Etat de droit. » W