Un chauffeur-livreur tue ses deux patrons

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Frédéric Scheiber/20Minutes

Il a tiré neuf fois sur son patron et sur le fils de ce dernier, en rechargeant son fusil de chasse à quatre reprises. Eric C., un chauffeur-livreur de 47 ans, a été écroué hier à la maison d'arrêt de Seysses. Le drame s'est noué vendredi, aux environs de 7 heures, dans la zone industrielle de Fondeyre. Le tireur a pris son arme dans le coffre de sa voiture. Il a ensuite rejoint ses deux victimes dans les locaux du transporteur UPS, où tous trois devaient démarrer leur tournée de livraison. Alain Senges, 57 ans et patron de l'entreprise de transports familiale du même nom, est mort sur le coup. Tout comme son fils Benoît, âgé de 32 ans. Eric C. avait posé sa démission « deux ou trois jours auparavant ». Des témoins rapportent qu'il avait effectué des tests pour être embauché chez Tisséo. Le préavis à effectuer pourrait être à l'origine du différend.

Hier, le chauffeur-livreur a été mis en examen pour assassinats. Ce qui signifie que le juge d'instruction a retenu la préméditation. « Mais il la conteste », indique Alexandre Martin, qui, avec Georges Catala, défend Eric C. « Il s'agit d'une affaire passionnelle. C'est un homme ordinaire, maniaco-dépressif, qui croulait sous le travail et les cadences infernales. Après une nuit blanche, il a pris son fusil dans l'idée sans doute de faire quelque chose de spectaculaire, comme se suicider sur son lieu de travail. Mais cette violence intérieure s'est malheureusement retournée contre les victimes », explique l'avocat. Il décrit un client « accablé et croulant sous les remords ». Cette hypothèse du drame social est battue en brèche par la famille des victimes et d'autres salariés qui ont réfuté tout au long du week-end toute idée de pression au sein de l'entreprise Senges. « Alain et Benoît étaient extrêmement chaleureux et très travailleurs. Ils n'hésitaient à déménager gratuitement des collègues le week-end », raconte un salarié d'UPS qui côtoyait les victimes tous les jours. L'assassin présumé n'avait pas d'antécédent judiciaire. Il risque la réclusion à perpétuité. W

H. M.