pénurie de toits malgré la loi

Hélène Ménal

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Depuis ce matin, la Haute-Garonne compte quarante-huit places d'hébergement supplémentaires ouvertes pour la période hivernale. Dont une quarantaine destinée à des familles dans la zone de Thibaud. La halte de nuit de Saint-Cyprien, lieu d'abri sans couchage, reprend par ailleurs du service. « Ce plan complète et renforce le dispositif permanent de 2 289 places, contre 2 249 l'an passé », précise la préfecture, qui n'exclut pas de mobiliser des « capacités supplémentaires » en cas de grand froid. Les associations jugent d'ores et déjà ce déploiement insuffisant.

« C'est un plus, mais très en deçà des besoins réels, réagit Geneviève Genève, de Médecins du Monde. Nous savons que tous les soirs une centaine d'appels au 115 [numéro de la veille sociale] ne débouchent sur aucune proposition faute de places et qu'au moins 42 % des appels restent sans réponse pour cause d'encombrement du standard. Et encore, je ne compte pas ceux qui ont carrément renoncé à appeler. » La militante craint aussi que les places supplémentaires soient destinées à des familles déjà hébergées à l'hôtel, ce qui réduirait la portée du dispositif. Même son de cloche du côté de la Fédération des associations de solidarité (Fnars). « Les besoins sont bien plus importants concernant notamment les familles à la rue et femmes isolées », indique Bruno Garcia, son délégué régional. « La loi Boutin du 25 mars stipule que toute personne doit avoir accès à un hébergement d'urgence, poursuit-t-il. Les chiffres du 115 montrent bien qu'elle n'est pas appliquée en Haute-Garonne. » W