Confusion autour des causes du décès d'Evelyn Lund

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Hier, la parole était aux deux médecins légistes, au deuxième jour de procès en appel de Robert Lund. Cet homme est soupçonné du meurtre de son épouse, retrouvée dans une voiture au fond d'un lac dans le Tarn en 2001. L'expertise du corps donne du fil à retordre. « L'état de la victime était extrêmement dégradé. Deux ans en immersion l'ont laissé dans un état de putréfaction avancé », a expliqué Rémi Costagliola, l'expert légiste du CHU de Rangueil qui n'a pu établir avec certitude les causes du décès. Noyade ? Strangulation ? Son confrère est tout aussi prudent. « Je ne peux pas conclure à un décès par noyade, affirme-t-il. Ni dire si elle était déjà morte avant d'entrer dans l'eau, je dis que la fonction sanguine ne fonctionnait plus à ce moment-là ». Même hésitation à l'évocation du sang retrouvé sur les vêtements de la victime et sur le siège arrière du véhicule. « On ne sait pas à qui il appartient, affirme Christian Doutremepuich, l'expert en génétique. On ne peut même pas dire s'il est humain ou pas. »

Trois causes de décès ont toutefois été exclues par les experts. Il ne s'agit pas d'un accident de la route, aucune fracture n'ayant été relevée, et la mort n'a pas été causée non plus par une arme ou un produit toxique. Dès lors, règnent confusion et spéculation. A-t-elle été victime d'une crise cardiaque ? « Le coeur, trop dégradé, n'a pas pu être analysé », répond un expert. « Une hydrocution ? », essaie le président. « C'est possible », répond un autre. L'analyse de la carcasse de la voiture n'a pas non plus apporté de réponses probantes. Les deux experts en automobile se contredisent. Si l'un affirme que la voiture a fait plusieurs tonneaux « très violents » avant son impact dans l'eau, l'autre jure que la voiture roulait au pas et en marche arrière. W

C. B.