La colère s'amplifie dans les IUT bridés par l'autonomie

— 

L'IUT de l'université Paul-Sabatier.
L'IUT de l'université Paul-Sabatier. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Paradoxalement, la loi sur l'autonomie des universités a réduit celle des instituts universitaires de technologies (IUT). Auparavant bénéficiaires d'une dotation d'Etat, ils doivent désormais négocier leurs moyens avec leur présidence locale. Jean-François Mazoin dirige l'IUT A de Paul-Sabatier, qui compte 5 300 étudiants. En tant que président de l'Assemblée des directeurs d'IUT, il est à la pointe de la contestation et appelle ses homologues à manifester devant l'assemblée nationale le 10 novembre, avant un rendez-vous avec la ministre Valérie Pécresse.

« En France, les IUT fonctionnent en réseau. Avec les mêmes programmes et les mêmes diplômes, donc dans une totale égalité des chances. Le système a fait ses preuves puisque le taux d'insertion de nos étudiants dépasse les 90 %. Avec des projets parfois différents d'un territoire à l'autre, la tutelle locale met à mal ce système », explique-t-il. D'après ses calculs, 59 IUT sur 116 rencontrent d'ores et déjà « des problèmes avec leurs universités de rattachement ». Par exemple, certaines charges salariales, auparavant payées par les universités, incombent désormais aux IUT. « Il est temps de nous donner une réponse politique, s'emporte Jean-François Mazoin, et de nous dire si oui ou non notre réseau est voué à la disparition. » W

H. M.