La caserne Niel dissimulait une nécropole

Hélène Ménal

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Plus de deux cents tombes pourraientêtre mises au jour par les scientifiques.
Plus de deux cents tombes pourraientêtre mises au jour par les scientifiques. — A. GELEBART / 20 MINUTES

« Sans le savoir, les militaires de la caserne ont marché sur des tombes situées à 30 cm à peine sous leurs pieds. » Un mois après le démarrage des fouilles sur le site Niel, les archéologues dévoilent leurs premières découvertes. Comme le laissaient supposer les premiers carottages, le futur bâtiment du rectorat serait construit sur une nécropole gauloise. Trois urnes funéraires en céramique, petites, rondes et munies de leurs couvercles ont déjà été déterrées. Elles ont été entreposées dans un endroit tenu secret.

« Nous avons aussi trouvé quelques bijoux, des fibules [agrafes qui servaient à fermer les vêtements] et nous nous attendons à trouver d'autres petits objets personnels comme peut-être des peignes ou des couteaux », détaille Peter Jud, le responsable scientifique des fouilles, qui présume avoir affaire à « un cimetière de paysans » remontant au IXe siècle avant J.-Christ. Plus de deux cents tombes pourraient être mises au jour par les pinceaux des spécialistes de la société privée Archéodunum, chargée du chantier. Mais à Niel, les époques se superposent. A quelques mètres seulement des tombes gauloises, des morceaux d'amphores sortent de terre. Elles datent du IIe siècle avant J.-C. et sont donc antérieures à l'arrivée des Romains en terre toulousaine. « Mais il n'y a pour l'instant que du vin italien ! », lance un spécialiste britannique. Preuve que les échanges commerciaux avec les futurs occupants existaient déjà. Hier, les archéologues dégageaient un fossé de drainage rempli d'amphores brisées. « Les quantités sont impressionnantes et rares, remarque Peter Jud. Il semble qu'on consommait le vin sur place, peut-être est-ce un marché, un site de foire ou de fête religieuse. »

Les scientifiques ne rendront leur verdict qu'en 2014, après avoir analysé les trouvailles les plus probantes et les avoir rendues au ministère de la Culture. Le reste des vestiges sera à nouveau enfoui sous les chappes de béton. W