Le Ras-le-bol des agents du Pôle emploi

Béatrice Colin

— 

Hier, devant la préfecture.
Hier, devant la préfecture. — A. GELEBART / 20 MINUTES

« Au lieu de 60 dossiers, des agents en traitent de 180 à 200 par mois... ce qui est impossible. » Au milieu de la centaine de manifestants rassemblée devant la préfecture, Philippe Delaunay, délégué CFDT à Pôle emploi, ne mâchait pas ses mots, hier, pour dénoncer les dysfonctionnements des services, nés en partie de la fusion entre l'ANPE et l'Assedic. « Nous enregistrons dans la région une hausse de 20 % de demandeurs d'emploi, et beaucoup moins d'offres à leur proposer. Pour les accompagner correctement, il faudrait recruter de 100 à 150 agents », assure le syndicaliste.

Certes, des embauches ont été faites pour faire face à l'arrivée importante de chômeurs aux accueils du Pôle emploi. « Mais ce sont des CDD formés à la va-vite et confrontés à l'agressivité des demandeurs d'emploi qui n'arrivent pas à joindre le 3 949 saturé », assure une salariée de Muret. Un parcours du combattant que confirme Julien Viguier. Ce militant du Comité des privés d'emploi à la CGT assure avoir « passé trois mois sans voir de conseillers, trop débordés. En plus, on ne peut pas les contacter directement, nous sommes obligés de passer par ce numéro, surtaxé et dépersonnalisé », assure le chômeur. Selon la direction, 41,3 % des agents faisaient grève, hier, et 23 des 49 sites régionaux étaient fermés. W