Le « bike-jacking » mobilise

Hélène Ménal
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Si les bike jacking ont cessé à Toulouse depuis un an, d'autres ont lieu ailleurs.
Si les bike jacking ont cessé à Toulouse depuis un an, d'autres ont lieu ailleurs. — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

   Le cortège « du souvenir » partira demain à midi de la place de l'Europe. Un an après le drame du pont Saint-Michel, les motards veulent rendre une nouvelle fois hommage à Frédéric Daigneau. Il est mort poignardé à 25 ans, pour avoir refusé de laisser sa moto à ses agresseurs. 

   Le traumatisme reste si vivace dans la communauté des motards qu'une association, Stop bike jacking, (ASBJ) est née à Toulouse. « Nous sommes là pour épauler les victimes, leur assurer un suivi psychologique et administratif », explique Lydia Calzada, sa présidente. Et si elle constate que les bike jacking ont cessé à Toulouse depuis un an, d'autres ont lieu ailleurs. Dans le Gers notamment, où l'association s'occupe d'une jeune femme « très choquée par une agression » et où trois individus ont encore été jugés mardi pour avoir tabassé trois motards. Pour Lydia Calzada, une des solutions pour stopper le phénomène serait « de s'attaquer au marché souterrain de la revente et des pièces détachées ». Depuis la mort du motard, la Fédération française des motards en colère, dont les adhérents encadreront la manifestation demain, distille même des conseils anti bike jacking sur son site Internet : comme de ralentir très en amont des feux rouges pour attendre le vert et ne pas avoir à s'arrêter. Ou de « s'arrêter au milieu de la voie plutôt que sur les côtés ». L'enquête sur la mort de Frédéric Daigneau est toujours à l'instruction. Deux jeunes, mineurs au moment des faits, sont mis en examen. Ils ont été libérés sous contrôle judiciaire. « La famille est toujours dans l'incompréhension et éprouve une très, très grande souffrance », indique Denis Boucharinc, l'avocat des proches de la victime. W