Le bras de fer se durcit entre la direction et les grévistes

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La tensionétait vive hier entre les forces de l'ordre et les manifestants.
La tensionétait vive hier entre les forces de l'ordre et les manifestants. — A. DUQUESNEL / 20 MINUTES

L'épreuve de force atteint son sommet. La journée d'hier chez Freescale s'est une nouvelle fois soldée par l'intervention des forces de l'ordre. Vers 17 h 35, cent à cent-vingt grévistes ont été dégagés des issues du site pour permettre à leurs collègues de sortir du travail. L'épilogue d'une journée agitée où, après une tentative de séquestration avortée et des heurts répétés avec les non-grévistes, la direction a fait une ultime proposition pour les 800 futurs licenciés de l'unité de production : 60 000 euros pour ceux qui partent immédiatement sans profiter du dispositif de reclassement, 40 000 à 50 000 euros pour les autres. « Une goutte d'eau inacceptable dans l'océan des bénéfices du groupe », pour la plupart de ceux qui luttent depuis un mois.

A 16 h 30, un nouveau message est parvenu sur les piquets de grève. La direction ne négociera plus sous la pression des blocus, elle « se réserve le droit d'engager des poursuites pénales ». Ce durcissement du ton, assimilé à de « l'intimidation », a destabilisé les bloqueurs. Certains ont proposé de reprendre le travail « pour mener le combat de l'intérieur ». « Pas question de se coucher maintenant », ont rétorqué les plus durs, remportant le vote à une assez large majorité. Les Freescale sont donc revenus se positionner à la sortie. Et ils ont attendu l'assaut. W

H. M.