La Web TV cherche sa place sur le net

Charlotte Boitiaux

— 

Francois Cadene, PDG de Master Image Films et Jean Cressant, fondateur de Mativi, hier.
Francois Cadene, PDG de Master Image Films et Jean Cressant, fondateur de Mativi, hier. — A. DUQUESNEL / 20 MINUTES

« Une Web TV ? Non, je ne connais pas. » Voilà en substance la réponse de la plupart des Toulousains interrogés sur les chaînes de télévision diffusées exclusivement sur Internet. « C'est un concept nouveau, il n'est pas encore entré dans les esprits », explique Jean Cressant, le fondateur de Mativi-Toulouse.fr, une télévision en ligne locale lancée aujourd'hui dans la Ville rose. Gratuite et consultable depuis un iPhone, la Web TV sera « l'avenir des médias », assure ce passionné d'images, déjà propriétaire d'une antenne Mativi à La Rochelle (2007) et à Marseille (2009).

Selon lui, « dix fois moins chère qu'une chaîne classique » et axée sur des reportages locaux, sa Web TV « ne marchera pas sur les plates-bandes des grandes chaînes ». Hélène Fabre, la rédactrice en chef, confirme : « Nous ne sommes pas une chaîne d'actualité, nous proposons des formats courts, de qualité, centrés sur la vie locale. » Dans cette programmation, 40 % sont parrainés par les collectivités locales et les entreprises qui financent la chaîne. Pas de pub donc sur Mativi-Toulouse, qui assure préserver sa ligne éditoriale. Pour le moment, elle s'aventure sur un terrain fertile et « vierge de toute concurrence », assure Claude Exposito, le directeur commercial de la nouvelle chaîne, « pionnière » selon lui.

Pionnière, pas tout à fait vrai. D'autres Web TV toulousaines existent déjà mais sur un autre créneau d'information. La chaîne associative TV bruit se centre principalement sur la culture « alternative » tandis que CT2E, lancée il y a deux ans, surfe sur l'actualité locale et européenne, en direct, via un JT quotidien. Toutes deux connaissent un essor difficile. La faute au scepticisme des publicitaires, estime Simon Marty, le créateur de CT2E. « Les annonceurs n'investissent pas car ils ne croient pas dans ce support qu'ils jugent farfelu », regrette-t-il. C'est pourquoi certaines télés en ligne ont décidé de changer de cap. C'est le cas d'OC-TV, créée en 1999. La seule chaîne d'info qui aurait pu faire de l'ombre à Mativi, se tourne désormais vers un avenir plus commercial en proposant ses services aux entreprises. Yann Julou, son chargé de production, ne croyait plus en ce concept. « La télé sur Internet, on en a fait le tour depuis dix ans. Aujourd'hui plus personne ne s'y intéresse », assure-t-il. W