Airbus forcé de réduire la voilure

Béatrice Colin

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Avec 3 500 avions inscrits au carnet de commandes, Airbus peut voir venir.

Mais, face aux difficultés des compagnies aériennes, l'avionneur européen multiplie les annonces de prudence, notamment pour l'an prochain. Ainsi, dès jeudi, la production d'A320 va baisser. « La crise nous affecte de 15 à 20 % en production puisque nous ramenons, le 1er octobre, nos cadences de moyens courriers A320 à 34 par mois contre 36, alors que nous avions espéré passer à 40. Il n'y a pas de raison de penser à une nouvelle réduction de production, mais on est très vigilant », a indiqué vendredi Fabrice Brégier, le directeur général d'Airbus.

Pour l'heure, cette première mesure n'a pas de conséquence directe sur les effectifs toulousains, qui partagent la production des A320 avec Hambourg (Allemagne). « A Toulouse, nous allons produire désormais 16 avions au lieu de 17. La direction a retiré des effectifs pour les redéployer sur la chaîne de l'A380. Mais là où cela se ressent le plus, c'est sur des usines qui travaillent en amont, comme Saint-Eloi ou Figeac Aéro. Cette dernière avait anticipé l'augmentation de cadence à 40 avions par mois, et aujourd'hui elle a recours au chômage partiel », souligne Xavier Pétrachi, délégué syndical central CGT chez Airbus France.

Le chômage technique n'est pas à l'ordre du jour chez l'avionneur. A la place, il est en train de négocier un dispositif « maison » au cas où la charge de travail viendrait à baisser. Les syndicats freinent des quatre fers contre ce projet baptisé « Assurance temps collectif ». Pour FO, majoritaire, pas question de s'engager dans un accord qui « aggraverait les conditions de travail et pénaliserait les salariés ». Mais ce qui inquiète le plus les employés toulousains, c'est une poursuite des baisses de production de l'A320. D'autant que la fabrication de l'A380 est toujours limitée et que le premier A350 ne devrait être livré qu'à la mi-2013. W