Convalescente, La fac du Mirail prépare sa rentrée stressée

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La sérénité n'est pas au rendez-vous. Premier jour d'inscription à l'université du Mirail hier, et premières craintes affichées pour cette nouvelle année. « Il est hors de question que l'université soit à nouveau cassée », a tonné Daniel Filâtre, son président. Et pour cause, le mouvement de contestation au printemps dernier avait paralysé durant plusieurs mois le campus. Les examens avaient dû être reportés et « l'attractivité de la faculté a été lourdement touchée », avoue son président.

Pourtant, Daniel Filâtre fait preuve d'optimisme. « Je ne crois pas que le mouvement de contestation renaîtra », lâche-t-il. Affirmation un peu rapide selon Côme, étudiant syndiqué Sud et ancien porte-parole du comité de lutte de la fac : « Monsieur Filâtre sait très bien que nous allons tout faire pour que le mouvement reparte dès la rentrée (le 27 octobre, N.D.L.R.). Il essaie juste de se convaincre du contraire. »

Pour le moment, l'ambiance est délétère. A la suite des événements du printemps, cinq étudiants seraient actuellement poursuivis par l'université pour « vol » et « tentative de vol de matériel » et plusieurs membres du personnel non-enseignant menacés de retenue de salaire. « Pour service non fait en totalité », précise Hervé Petit, secrétaire du syndicat du personnel non-enseignant-FSU. Pour Jean-Yves Boissau, le vice-président du Mirail, « il y a des lignes rouges à ne pas franchir ». La mise en garde est effective. « Nous allons rétablir les règles du jeu, désormais les enseignants et étudiants grévistes devront assumer leurs actes », poursuit-il. Le ton est ferme mais justifié selon Daniel Filâtre car « le Mirail ne supportera pas une nouvelle contestation ». W

Charlotte Boitiaux