Une pierre dans le jardin du Cancéropôle

Béatrice Colin

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Huit années ont passé. L'émotion est toujours là... et les déchets polluants aussi.
Huit années ont passé. L'émotion est toujours là... et les déchets polluants aussi. — A. DUQUESNEL / 20 MINUTES

« Une catastrophe pour rien ». Hier, la banderole plantée au milieu du rond-point du 21-Septembre donnait le ton des commémorations de l'explosion d'AZF. Au-delà du procès, une autre question agitait une partie des personnes présentes pour ces cérémonies. A quelques jours de l'arrivée des premiers chercheurs sur le site du Cancéropôle, les riverains s'interrogent sur l'avenir des ballastières voisines. Le traitement de ces 5 000 tonnes de poudre enfouies dans des lacs n'a toujours pas été résolu par le ministère de la Défense. Pourtant, en mars 2006, la ministre de l'époque, Michèle Alliot-Marie, indiquait qu'il s'agissait d'« une priorité ». Depuis, la Délégation générale pour l'armement cherche à se dépêtrer de ce dossier.

Lors d'une réunion de la commission locale d'information et de prévention du Pôle chimique sud de Toulouse en décembre, elle présentait aux élus locaux et associations les études de réhabilitation du site avec trois scénarios possibles : maintenir en l'état actuel, extraire et traiter ailleurs ou traiter sur place. « Ce qui me gène c'est qu'on nous avait dit qu'on allait les dépolluer et maintenant on avance à nouveau la possibilité de les laisser là », relève Rose Frayssinet, militante des Amis de la Terre. En mai dernier, répondant à une question du député-maire de Toulouse, Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d'Etat à la Défense, avait indiqué qu'un marché d'études et de définition permettant « de préciser les processus techniques de dépollution et chiffrer finement les divers scénarios de traitement » allait être lancé. Des pilotes doivent tester les techniques à échelle réduite pour une possible dépollution grandeur nature en 2012... Date à laquelle arriveront les premiers malades de la clinique universitaire du cancer. W