La thèse de la rixe à la barre

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Il était venu « pour cambrioler ». Il a fini par tuer. Hier, lors du premier jour de son procès devant les assises de la Haute-Garonne, Hakim Edir a tenté d'expliquer comment, ce soir de décembre 2006, il a été amené à poignarder Laurent Francazal à son domicile avant de repartir avec sa carte bancaire. La victime, conducteur de travaux à la ville de Toulouse, sera retrouvée chez elle, deux jours plus tard, dans une mare de sang ; son meurtrier, arrêté trois semaines après. Délinquant notoire, Hakim Edir avait déjà été condamné à une quinzaine de reprises pour vols avec violence. Ce soir-là, il avait rendez-vous avec sa victime, homosexuel assumé. A ses amis, Laurent Francazal avait indiqué qu'il allait voir son « loulou », rencontré récemment. « Il m'a fait des avances sexuelles, je ne l'ai pas supporté, je l'ai repoussé et puis nous nous sommes bagarré. Je me suis retrouvé au sol et puis j'ai pris le couteau. Il était sur moi, je l'ai frappé », a-t-il raconté. « Les coups ont été portés avec force », lance le médecin légiste avant d'ajouter que le corps « a été déplacé ». Pour les avocats de la famille, l'argument d'une bagarre ne tient pas. « Il n'était pas violent, c'est la première fois et la dernière fois qu'il a eu une altercation », a insisté le frère de Laurent qui cherche toujours à comprendre comment « pour si peu, on peut payer autant ». Hakim Edir est passible de trente ans de prison. Verdict demain. W

B. C.