Mesures de rétorsions en chaîne

Hélène Ménal

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Christian Estrosi avec les dirigeants de Molex, le 25 août dernier à Paris.
Christian Estrosi avec les dirigeants de Molex, le 25 août dernier à Paris. — MEIGNEUX / SIPA

« Un échec des discussions avec l'acheteur potentiel ». C'est par ces mots que le groupe américain Molex a écarté hier soir le repreneur que lui avait présenté Bercy vendredi dernier. « Le gouvernement français [...] n'a pas été à même de trouver un repreneur approprié et n'a pas offert de garanties financières », explique l'industriel. Une annonce qui ressemble fort à une riposte à l'ultimatum fixé un peu plus tôt dans la journée par le ministre de l'Industrie.

Stigmatisant « l'attitude particulièrement peu constructive » de Molex dans les négociations de reprise, Christian Estrosi avait brandi une ultime menace : vider le carnet de commandes de Molex, en « demandant officiellement aux constructeurs automobiles français [qui représentent plus de 80 % du chiffre d'affaires du groupe dans l'Hexagone] de suspendre immédiatement toute commande de matériel incluant des produits fabriqués » par le groupe. Cette mesure était réclamée à cors et à cris depuis des mois par les salariés. Elle a mis le feu aux poudres. « Choqué », Molex prévient par ailleurs que ce « boycott » mettrait « en danger » le processus de médiation sur le plan social. Processus qui avait justement repris, non sans peine, hier après-midi en préfecture. A mots couverts, les dirigeants ont aussi souvent évoqué l'arme de la mise en cessation de paiement et du dépôt de bilan, qui ne laisserait aux salariés que leurs yeux pour pleurer.

Hier soir, Martin Malvy (PS), président du conseil régional, a demandé à Christian Estrosi d'organiser sans délai une « table ronde » dans l'hypothèse de « favoriser le développement d'un groupe concurrent ». W