La guerre des chiffres est déjà au programme

Hélène Ménal

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Les effectifs scolaires connaissent une nouvelle poussée démographique en Haute-Garonne. Il y aura près de 900 élèves supplémentaires à l'école primaire, et le second degré (collèges et lycées) accueillera à partir d'aujourd'hui 700 élèves supplémentaires. Tandis que le recteur s'affiche serein, le collectif Sauvons l'école, composé de syndicats et de parents d'élèves de la FCPE, dresse d'ores et déjà un tableau très noir.

Dans les écoles, où le rectorat annonce la création de quinze postes, le collectif veut attendre le 7 septembre et les contours définitifs de la carte scolaire pour se prononcer. Mais il regrette déjà la perte de la moitié des enseignants spécialisés des réseaux d'aide aux élèves en difficultés (Rased). Olivier Dugrip, le recteur, a trouvé une parade : cette année, chaque instituteur de l'académie va suivre une formation à l'aide personnalisée des élèves. Qui doit, bien entendu, rendre plus efficaces les fameuses deux heures hebdomadaires de soutien mises en place l'année dernière.

Dans le second degré, l'académie devrait officiellement bénéficier d'une soixantaine de postes supplémentaires. Mais selon les calculs de Marcel Agert, du Snes-FSU, « la perte sera au moins d'une cinquantaine de professeurs. Sans compter les 93 remplaçants déjà affectés sur des postes fixes ». « En plus des problèmes de remplacements qui vont se poser très vite, on va se retrouver avec des classes surchargées de plus 30 élèves dans les collèges et de plus de 35 dans le lycées, et des tensions inévitables », prédit le collectif. Le recteur a pour l'instant une solution à chacun des problèmes. Concernant les absences de profs, il veut « redynamiser le dispositif des remplacements de courte durée » qui, théoriquement, permet à un professeur d'une autre discipline et payé en heure sup de venir « combler » le trou. « Mais on sait très bien que les crédits ne suivent pas », réplique le collectif. Sur les violences scolaires, Olivier Dugrip annonce la création d'une « équipe mobile académique de 25 personnes ». Chapeautée par un policier, elle aura une mission de diagnostic et de prévention, mais pourra aussi « intervenir rapidement en renfort, en cas d'incident grave ». W