Du tramway à tous les coins de rues

Hélène Ménal

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Faire passer la part des déplacements effectués en transports en commun de 14 % actuellement à 23 % à l'horizon 2020. Et ce au détriment de la voiture. C'est l'un des objectifs du Plan de déplacements urbains (PDU) qui détermine les grands projets d'infrastructures à financer dans la décennie à venir. Les délégués de la communauté urbaine du Grand Toulouse (CUGT), présidée par Pierre Cohen (PS), ont voté hier à une écrasante majorité leur contribution à ce projet. Elle tisse un réseau de lignes de tramway (voir infographie), en particulier dans le sud de l'agglomération, reliées entre elles par des bus en site propre. Deux de ces lignes sont « réalisables », selon le Grand Toulouse, à l'horizon 2013 : le « barreau » reliant la future ligne E à l'aéroport et le prolongement de cette même ligne E des Arènes au Grand-Rond, aussi appelé ligne Garonne.

Le document voté hier propose également une « nouvelle alternative » au très polémique prolongement de la ligne B (PLB) du métro vers Labège. « Il s'agit d'un tramway dans le prolongement de la ligne Garonne, circulant sur un tronçon commun jusqu'à Montaudran, puis qui se séparerait en deux voies, l'une vers Saint-Orens et l'autre vers Labège. Le tout pour un prix quasi équivalent à celui du prolongement en métro », explique le Toulousain Joël Carreiras (PS), vice-président de la CUGT. Cette proposition ne recueille toujours pas l'assentiment du Sicoval, la communauté d'agglomération du Sud-Est toulousain, qui fait d'une desserte en métro une condition sine qua non. Elle est aussi à l'origine de l'abstention hier des six élus du groupe « Toulouse pour tous » de la CUGT. « Nous regrettons l'absence du PLB. De plus, il n'y a pas le début d'une enveloppe financière, ni d'un échéancier », a indiqué Roger Atsarias (UMP). Pour le MoDem, Jean-Luc Lagleize n'est pas persuadé non plus que le tramway soit idéal pour désengorger la rocade dans le secteur de Labège. Il pense aussi que « la desserte du Cancéropôle est bien plus prioritaire que la ligne Garonne ».

Le même débat, en présence du Sicoval, doit avoir lieu aujourd'hui au comité syndical de Tisséo. En beaucoup moins consensuel, notamment parce que la question des financements et de la gouvernance des transports n'a toujours pas été tranchée. W