Un point noir saute en direction d'Auch

Béatrice Colin

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Piétons et vélos ont pu se promener sur la déviation toute la journée d'hier.
Piétons et vélos ont pu se promener sur la déviation toute la journée d'hier. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Plus connue pour ses bouchons que pour son clocher, Léguevin va vivre demain une petite révolution. Dans la nuit, l'ouverture de sa déviation longue de 13 kilomètres va permettre à ses 7 500 habitants de respirer à nouveau normalement. Depuis des années, cette commune, la dernière avant le département du Gers, attend de voir aboutir ce projet de contournement prévu dans le cadre de la mise à 2 x 2 voies de la RN 124 reliant Toulouse à Auch.

Véritable Arlésienne, victime régulière des restrictions budgétaires, cette déviation a dû attendre dix ans entre sa déclaration d'utilité publique et sa mise en service. Finalement, l'Etat, la région et le département ont mis sur la table les 77,7 millions d'euros nécessaires à sa réalisation. Hier, c'était donc jour de fête dans la commune. Expositions d'engins, course à pied et à rollers sur le bitume encore vierge de toute voiture... Léguevin avait vu grand. Il faut dire que le passage de 40 000 véhicules de transit en moins dans le centre-ville va lui permettre de réétudier son plan de circulation et de mettre en valeur son patrimoine. Sans parler de la réduction des émissions de gaz et des nuisances sonores pour ceux qui habitent le long de cette nationale.

Mais la municipalité de Léguevin n'est pas la seule à se réjouir de cette ouverture. Franck Montaugé, le maire d'Auch, y voit le moyen de se rapprocher de Toulouse « de dix à trente minutes et de poursuivre un plan d'actions contre l'enclavement » de sa ville. La capitale de la Gascogne veut ainsi essayer d'attirer des habitants et des entreprises pour relancer son dynamisme économique, plombé par ses divers problèmes d'accès routiers. W