Total nie en bloc toutes les accusations

Béatrice Colin

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L'avocat de Total et de Thierry Desmarest, Jean Veil, demande la relaxe pour ses clients.
L'avocat de Total et de Thierry Desmarest, Jean Veil, demande la relaxe pour ses clients. — BORDAS / SIPA

« Relaxe », le mot n'avait pas encore été prononcé. C'est Jean Veil, premier avocat de la défense à prendre la parole hier matin qui l'a lâché. Relaxe pour Serge Biechlin et Grande Paroisse, mais aussi pour ses clients, Total et son président, Thierry Desmarest. Les citations directes à l'encontre de ces derniers « ne tiennent pas la route. Total est-il un exploitant ? Non, c'est Grande Paroisse qui possède la licence », a-t-il rappelé, soutenant leur irrecevabilité.

Dénonçant l'image prêtée au groupe, celle d'« une entreprise de déni, arrogante », Jean Veil s'est inscrit en faux contre les accusations de politique privilégiant la rentabilité aux dépens de la sécurité. Pour lui, les compte-rendus du comité d'entreprise ne révèlent pas un abandon des investissements par Total. « C'est comme le courrier des lecteurs dans un journal, c'est le bureau des pleurs », assure-t-il. « Si on regarde l'avis du comité d'entreprise, le site était abandonné par Total », a réagi Stella Bisseuil, l'avocate de l'association de familles endeuillées visée par cette critique.

Présent dans le dossier dès le lendemain de la catastrophe, Me Jacques Monferran, avocat des prévenus, a passé en revue toute la période d'instruction. Et plus particulièrement la reconstitution en octobre 2002. « L'expert Daniel Van Schendel s'est précipité sur le tas et a pelleté le chlore, les yeux rougis. Le juge d'instruction n'en revenait pas. Tout le dossier tenait, car un employé avait pelleté ce produit. Or, c'était impossible. Il avait l'impression de s'être fait enfumer par les experts », a-t-il raconté, pointant un collège de spécialistes « enfermés dans une position ». Les plaidoiries se poursuivent aujourd'hui. W