Report des examens sur fond de tension à l'université Toulouse II

CRISE Les conseil d'administration de la fac a trouvé une sortie de crise qui ne satisfait pas tout le monde...

Hugo Clément, à Toulouse
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Le Mirail à Toulouse a été fermé dans sa totalité et "jusqu'à nouvel ordre" par son président Daniel Filâtre, après l'occupation des locaux administratifs lundi par une centaine d'étudiants qui ont causé de "graves incidents" (dégradations notamment), condamnés par la ministre Valérie Pécresse.
Le Mirail à Toulouse a été fermé dans sa totalité et "jusqu'à nouvel ordre" par son président Daniel Filâtre, après l'occupation des locaux administratifs lundi par une centaine d'étudiants qui ont causé de "graves incidents" (dégradations notamment), condamnés par la ministre Valérie Pécresse. — Eric Cabanis AFP/Archives

Le conseil d'administration extraordinaire de la fac de Toulouse Le Mirail, réunit ce mardi matin dans un rectorat lourdement protégé par les forces de l'ordre, a définitivement décidé du report des examens de juin à septembre prochain. Le président de l'université, Daniel Filâtre, avait d'ores et déjà annoncé cette annulation de la première session une semaine plus tôt.


Cependant, d'après Ludivine Labbé, présidente du syndicat étudiant Unef à Toulouse et membre du CA, «il sera également possible pour les étudiants d'être évalués sous forme de dossiers à réaliser chez soi et à rendre aux professeurs avant le 31 août, ce qui permettra une validation du semestre au fur et à mesure». Une information nuancée par Anne Przewozny, maître de conférence en Anglais siégeant également au CA, puisque ce mode de contrôle de connaissance ne devrait pas être généralisé. «Ces évaluations éventuelles sur dossier seront décidées au niveau de chaque unités pédagogiques. La majorité des étudiants passera très probablement des examens écrits en septembre», explique-t-elle.


Ambiance électrique sur le campus 


La tension n'est pas pour autant retombée sur le campus du Mirail après l'annonce de cette éventuelle sortie de crise, puisque celle-ci ne satisfait ni le comité de lutte, ni les enseignants grévistes. «Cette solution des dossiers à réaliser pendant l'été est bidon et complètement inégalitaire, car la grande majorité des étudiants travaillent pendant cette période», s'énerve Hervé Larroze, enseignant en psychologie.


«Il était possible d'organiser les examens en juin s'il y avait eu une volonté politique, alors que cette décision prise par le CA ne va faire qu'accentuer les problèmes en septembre», ajoute Xavier Lambert, secrétaire du Snesup, syndicat majoritaire chez les personnels à Toulouse-II. De plus, le président de l’université a également décrété la fermeture administrative de la fac jusqu’à jeudi matin, suite à des dégradations et des tentatives de vols commises dans la matinée à la maison de la recherche.


Occupée par les étudiants grévistes pour «faire pression sur le CA», celle-ci a été le théâtre d’affrontements entre enseignants-chercheurs opposés au blocage et étudiants. Les étudiants doivent décider jeudi en assemblée générale du maintien ou non des piquets de grève. A 18 heures, la rumeur d’une évacuation du campus par les forces de l’ordre courait toujours, sans signes visibles d’intervention.