Toulouse : « La voiture pour aller au taff, c’est fini », ces usagers qui ont adopté Téléo pour aller au boulot

TELEO BOULOT DODO Après douze jours de fonctionnement du téléphérique Téléo, les internautes de « 20 Minutes » racontent leur expérience souvent satisfaisante, parfois mouvementée. Ils ont déjà des idées d’améliorations

Hélène Menal
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Une cabine Téléo en approche de l'Oncopole. Illustration.
Une cabine Téléo en approche de l'Oncopole. Illustration. — F. Scheiber - Sipa
  • Alors que le ballet des cabines Téléo est maintenant bien rodé dans le ciel de Toulouse, 20 Minutes a pris le pouls de ses internautes volants.
  • Le téléphérique a convaincu les plus motivés à lâcher la voiture pour l’intermodalité, en combinat souvent vélo et cabine.
  • D’autres vont attendre un peu avant de survoler à nouveau la Garonne

Elle a vu des poissons faire des ronds dans l’eau de la Garonne. Jasmine, 38 ans, est de ces Toulousains qui ont testé Téléo par curiosité. Pour la vue et les sensations de vide. Elle n’a pas trouvé ses compagnons de cabine très attentifs à la faune aquatique mais a vécu une expérience « trop cool » et engrangé des vidéos.

Douze jours après sa mise en service, l’effet de fun du plus long téléphérique urbain de l’Hexagone ne se dément pas et les habitants continuent à s’offrir des allers-retours juste pour le voyage panoramique. Mais la nouvelle ligne de transport en commun – trois stations sur 3 kilomètres entre l’université Paul-Sabatier, le CHU de Rangueil et l’Oncopole – passe aussi l’épreuve des testeurs taffeurs. Ils comparent, chronomètrent ce nouveau mode écolo. Et pour certains le valident des deux pieds. « Pour moi, la voiture pour aller au taf, c’est fini. Quel plaisir ! », décrète carrément Emmanuel. Le trentenaire, désormais cycliste, habite à Portet, au sud-ouest, et travaille à Labège, au sud-est. Il semble ravi de survoler la rocade plutôt que d’y ronger son frein.

Même résolution pour Marie, qui travaille au CHU. Convaincue, elle a une forte envie de laisser sa « voiture au garage » au profit du vélo ou du bus. combinés à Téléo. « J’ai apprécié la facilité d’utilisation, la vue, le gain de temps et le confort d’être déposée au plus près de mon service », assure-t-elle. Olivier est aussi très fan. Cet habitant de Castanet, adepte du vélo, travaille à Portet. Désormais sa journée « commence bien ». Il gagne du temps, fait des sauts de puce, et s’offre une « coupure de 10 minutes au-dessus de la Garonne » bien plus agréable que « la piste cyclable merdique » qu’il empruntait et ses gymkhanas entre les voitures du côté d’Empalot.

Mal à l’estomac et mauvaise pioche pour d’autres

Et puis, forcément, il y a les déçus du voyage. Comme Rémi, qui a tenté sa chance pour un rendez-vous ponctuel au Mirail en évitant le passage obligatoire par le centre-ville en métro. Bilan, il a perdu du temps et regrette, à l’instar d’autres internautes, les faibles possibilités d’intermodalité du côté de l’Oncopole où se situe, « au milieu de pas grand-chose », le seul vrai parking-relais de Téléo. Quant à Stéphane, son estomac a « moyennement supporté le voyage » avec ce petit vent qui faisait osciller les cabines. « Entre la chaleur, les gamins qui gueulent » et l’arrêt impromptu de 5 minutes au retour sans information sur l’incident, sa conversion au téléphérique n’est pas pour tout de suite.

Adil, un résident des coteaux de Pech-David a joué de déveine. Il a fait son test le jeudi de la fameuse première panne – « un bug informatique sur le système d’exploitation », indique Tisséo – espérant s’éviter les 20 Minutes à pied jusqu’au métro pour aller travailler aux Minimes. « Résultat des courses, une heure de perdue », et une éprouvante remontée à pied pour aller chercher sa voiture. Il va sagement attendre septembre et un éventuel bilan du nombre de pannes pour retenter l’expérience.

Par ailleurs, même les plus conquis ont des suggestions pour améliorer le service. Fouad verrait d’un bon œil, « l’ajout d’une personne pour gérer le flux aux heures de pointe ». Emmanuel trouve un peu raide la limitation à un seul vélo par cabine.

Thomas enfin regrette que les cabines ne survolent pas son secteur. Et il s’emballe, en suggérant de construire un autre téléphérique. Par exemple, entre « la ville de l’Union, qui est sur une colline et un terminus du métro comme Borderouge ou Balma-Gramont ».

Les voyages du dimanche

Preuve que l’effet de curiosité fonctionne toujours, Téléo est pour l’heure parfois plus fréquenté le week-end qu’en semaine. Il a enregistré près 6.913 validations le samedi 19 mai, 6.040 le dimanche 20, à comparer aux 7.748 du mercredi et aux 5.073 du jeudi précédents.