Toulouse : Confronté à une baisse des dons, le diocèse cherche à rebooster le denier du culte

RELIGION Crise sanitaire, guerre en Ukraine, rapport des abus sexuels dans l’église sont autant de causes à la baisse des dons à l’église. Pour conserver un équilibre budgétaire, le diocèse de Toulouse relance sa campagne de denier public

Béatrice Colin
Pour inciter les fidèles à faire des dons, la quête ou le denier du culte se fait de plus en plus en ligne. (Illustration).
Pour inciter les fidèles à faire des dons, la quête ou le denier du culte se fait de plus en plus en ligne. (Illustration). — Mario FOURMY SIPA
  • Depuis la crise sanitaire et la baisse de fréquentation des églises, les dons sont moins nombreux dans le diocèse de Toulouse.
  • Pour faire face à cette baisse de ressources, suscitée par les dons à d’autres causes ou encore l’impact du rapport sur les abus sexuels dans l’église, le diocèse lance une nouvelle campagne du denier du culte.
  • Le budget de 11 millions d’euros du diocèse sert notamment à financer le traitement des 142 prêtres mais aussi la construction d’une nouvelle église à Toulouse dans le quartier en plein développement de Borderouge.

Après deux années de crise sanitaire, les fidèles n’ont pas encore tous retrouvé le chemin des églises toulousaines. Une baisse de fréquentation des paroisses qui a un impact direct sur les dons réalisés auprès du diocése de la Ville rose. « Depuis le début de l’année, il y a aussi le contexte de crise économique et comme dans toute crise il y a des craintes, la générosité arrive un peu moins rapidement. Le don moyen a baissé, les personnes font aussi des dons ailleurs, notamment en faveur des Ukrainiens », relève Arnaud Chabert, l’économe diocésain. Sans parler de l’impact du rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’église qui a détourné certains bienfaiteurs.

Or les dépenses de l’Église catholique continuent à courir, que ce soit dans le traitement des 142 prêtres en activité ou les salaires des 77 salariés du diocèse. Sans compter l’entretien des bâtiments ou, pour la première fois depuis des décennies, la construction d’une nouvelle église à Toulouse, dans le quartier de Borderouge en plein développement.

Nouvelles pistes de ressources

Chaque année, 11 millions d’euros sont ainsi nécessaires pour boucler le budget du diocèse de Toulouse. Financé grâce à la quête ou aux legs, qui représentent en moyenne 900.000 euros chaque année, il est toutefois très dépendant du denier du culte qu’il alimente à 38 %. Or fin mars, 14 % seulement de la somme nécessaire au bon fonctionnement du diocèse avait été réunie. « Nous trouvons des économies en interne en gérant mieux nos contrats. Nous louons aussi des salles dans des lieux moins utilisés pour avoir des revenus complémentaires », poursuit Arnaud Chabert qui rappelle que le diocèse ne reçoit aucune subvention, pas plus de l’Etat que du Vatican.

Alors que les périodes classiques de campagne du dernier du culte se déroulent lors du Carême ou de l’Avent, le diocèse de Toulouse a décidé de faire à nouveau appel à ses fidèles. « Ce n’est pas qu’un message pour dire » aidez-nous « à subvenir aux dépenses, il y a aussi de la joie à faire un don et à partager », insiste l’économe diocésain qui rappelle que cela participe à l’accueil des réfugiés ou encore à venir en aide aux gens à la rue.