La prof de maths poignardée par son élève de 13 ans opérée pour une hémorragie interne

TOULOUSE Sur place, Darcos annonce une réunion et évoque la mise en place de «portiques» ou de «fouilles»...

J.M., et Béatrice Colin, à Toulouse

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Carte de localisation de Fenouillet, où un collégien de 13 ans a poignardé sa professeure après une punition, le 15 mai 2009.
Carte de localisation de Fenouillet, où un collégien de 13 ans a poignardé sa professeure après une punition, le 15 mai 2009. — Idé

Il n'a pas apprécié d'être puni par sa prof de maths, alors il l'a poignardée. Un élève âgé de 13 ans, en 5e au collège François-Mitterrand à Fenouillet, près de Toulouse, a agressé son enseignante avec un couteau de cuisine, ce vendredi matin dans sa classe. Touchée au thorax, elle a été transportée par le Samu, qui jugeait la plaie superficielle, à l'hôpital Rangueil de Toulouse. Sur place, elle a finalement été opérée dans la journée pour une hémorragie interne.

Puni la veille «pour un corrigé de devoir non rendu», le collégien a attendu la fin de son cours avec Véronique A. pour aller lui demander si elle maintenait la punition. Petite et frêle, l'enseignante a pourtant tenu bon, provoquant la colère du jeune garçon. «Je vais te tuer», a-t-il crié avant de la frapper et de s'enfuir. C'est une collègue de la victime qui lui a porté assistance avant de prévenir les secours.

Un collégien sans histoires dans un collège sans histoires

«Cet enfant, d'un milieu modeste, avait quelques difficultés d'apprentissage mais n'était pas repéré comme un enfant violent», a indiqué de son côté le principal du collège, Serge Blanc. Quant à l'établissement, il est considéré comme «un collège tranquille» de la banlieue de Toulouse.

Brigitte M., professeur d'Anglais au collège François Miterrand confirme que l'élève, à qui elle a donné cours une heure avant l'agression, n'a rien laissé deviner de ses projets. Mais, pour elle qui vient d'un établissement en zone d'éducation prioritaire, il existe à Fenouillet une certaine «banalistaion de la violence», et les élèves -en moyenne 25 par classe- sont trop nombreux.

La sanctuarisation des établissements scolaires

«Cet incident a créé un gros traumatisme à l'école et j'ai mis en place une cellule de crise pour cet après-midi avec le principal du collège, les enseignants et des psychologues», a assuré l'inspecteur d'académie, sans préciser les sanctions encourues par le collégien. Ce dernier été entendu par les gendarmes.

Xavier Darcos n'a pas tardé à réagir, condamnant l'agression. Le ministère de l'Education nationale en a profité pour rappeler «la nécessité de faire des écoles et des établissements scolaires des lieux protégés et sanctuarisés», alors que ses services attendaient ce vendredi les plans et diagnostics en matière de sécurité de 184 établissements français.

«Des portiques, des systèmes de fouille»

Arrivé sur place, le ministre a été accueilli par des parents d'élèves mécontents réclamant des moyens supplémentaires pour améliorer la sécurité. mais pour Xavier Darcos, il s'agit d'un fait divers difficilement évitable, le collégien n'ayant aucun antécédent violent. Il a cependant annoncé l'organisation mercredi d'une réunion des services du ministère «avec les responsables des établissements que sont les départements et les régions».

Il s'agit, a-t-il dit, «d'examiner toutes les solutions possibles: on peut imaginer dans certains établissements des portiques, des systèmes de fouille. Nous verrons. Les collectivités territoriales estimeront peut-être que dans certains établissements, c'est une réponse possible».