Le grand frisson dans les « petits » musées

Hélène Ménal

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Le musée des Instruments de médecine est l'un des nouveaux venus de la Nuit du musée.
Le musée des Instruments de médecine est l'un des nouveaux venus de la Nuit du musée. — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

Ames sensibles s'abstenir. Parmi les petits nouveaux

de la Nuit des musées, celui des instruments de médecine des hôpitaux de Toulouse vaut le détour. A condition d'avoir le coeur bien accroché. Notamment au passage de la fameuse vitrine où sont exposés les authentiques masques de cire datant du XIXe siècle et décrivant avec un surprenant réalisme les maladies de la peau. Pas une bénigne varicelle, plutôt les symptômes syphilitiques. Déformations et mycoses garanties. Et ça ne s'arrête pas là, les instruments chirurgicaux ou obstétriques des débuts de ces spécialités s'apparentent davantage à des instruments de torture.

Ouvert en 2005, ce musée reçoit pour l'instant 3 000 courageux par an. D'ailleurs, les responsables du musée prennent souvent des pincettes. « On prévient le jeune public qu'on ne vient pas ici pour se distraire mais pour s'instruire. La connotation de souffrance est assez élevée et la charge émotionnelle est forte », concède Benoît Capoen, animateur culturel au CHU. Beaucoup moins gore, le musée des Antiquités Saint-Raymond fait cette année dans le meurtre culturel. Dans un « Cluedo » maison, il propose à ses visiteurs de se transformer en colonel Moutarde en toge et en cothurnes. « Un livret est distribué à l'entrée indiquant qu'un empereur romain a été assassiné », explique la direction. Exactement comme dans le jeu, le principe consiste à découvrir dans les dédales des salles la victime, l'auteur, l'arme et le lieu du crime. Le tout pour l'amour de l'art puisqu'il n'y a pas de gros lot à la clé. Enfin, pour ceux qui préfèrent les musées ambiance Belphégor, la fameuse momie égyptienne du musée Georges-Labit fait toujours son petit effet, décharnée et recroquevillée dans son sarcophage. Le mystère n'est toujours pas levé sur la date de l'arrivée à Toulouse de cette jeune femme bien défraîchie. Même sa datation divise encore les spécialistes. W