état des lieux du fameux hangar 221

Hélène Ménal

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Georges Paillasétait le contremaître chargé du hangar 221, à l'époque de l'explosion.
Georges Paillasétait le contremaître chargé du hangar 221, à l'époque de l'explosion. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le bâtiment remplacé aujourd'hui par un cratère béant offrait-il

toutes les garantis de sécurité ? La question était au centre de l'audience d'hier consacrée au désormais célèbre hangar 221 où AZF stockait les ammonitrates impropres à la commercialisation. C'est dans le box installé à l'avant du 221 que les experts judiciaires situent l'origine de l'explosion. L'humidité ou la présence de polluants de type hydrocarbures ou débris de bois pourraient avoir accéléré le processus chimique. D'où l'importance de connaître l'état exact du hangar, et de la dalle qui recouvrait le sol, le 21 septembre 2001.

« Je n'ai jamais eu de remontées concernant des infiltrations d'humidité dans cette dalle », a affirmé Jean-Claude Panel, l'ingénieur qui supervisait le hangar, concédant toutefois que « dans des bâtiments industriels l'humidité s'infiltre partout ». « Certes l'état de la dalle n'était pas parfait - il y avait quelques nids de poule - mais rien de catastrophique non plus », a ajouté à sa suite son contremaître de l'époque Georges Paillas, un temps mis en examen avant de bénéficier d'un non-lieu. Les deux ex-salariés, ont par ailleurs soutenu que le tas principal d'ammonitrate s'arrêtait entre 8 à 12 m du muret le séparant du box. Les experts judiciaires pensent, eux, qu'il arrivait jusqu'au mur en question. Concernant les pollutions éventuelles, un expert a indiqué qu'il n'avait pas trouvé de traces flagrantes d'hydrocarbures dans les échantillons de la dalle analysés après l'explosion.

Mais les deux spécialistes suivants, chargés d'examiner les différents engins opérant dans le hangar, ont détecté plusieurs « fuites d'huile ». Pour eux l'entretien des lieux laissait à désirer. W