Toulouse : Secoué par des crises internes, l’hôpital Joseph-Ducuing rouvre son service de médecine

SANTE Après plusieurs crises internes et la fermeture en décembre de son service de médecine interne, l’hôpital Joseph-Ducuing de Toulouse veut repartir sur de nouvelles bases

Béatrice Colin
La façade de la maternité de l'hôpital Joseph-Ducuing, à Toulouse.
La façade de la maternité de l'hôpital Joseph-Ducuing, à Toulouse. — HJD
  • Au cours des dernières années, l’hôpital Joseph-Ducuing de Toulouse, a été agité par plusieurs crises internes qui se sont soldées en décembre dernier par la fermeture de son service de médecine interne.
  • Après s’être séparé de son directeur, cet hôpital privé à but non lucratif va rouvrir ce service et s’est fixé une nouvelle feuille de route.
  • Objectif : conserver son rôle d’hôpital de proximité et son rôle social, mais aussi arriver à l’équilibre budgétaire.

Depuis des mois, des crises internes secouent l’hôpital Joseph-Ducuing, à Toulouse. Après une longue grève aux urgences en 2019, la fermeture en décembre dernier de son service de médecine générale et le départ de plusieurs praticiens ont fini par sceller la rupture entre le personnel soignant et la direction de cet établissement privé à but non lucratif.

Pour mettre fin à l’atmosphère délétère qui régnait au sein de l’hôpital de jour, (HDJ), l’Association des amis de la médecine sociale (AMS), propriétaire et gestionnaire de cet hôpital de 600 salariés, a décidé de se séparer de son directeur et a renouvelé son bureau le 23 février dernier. Avec l’ambition de tourner la page, de rééquilibrer les comptes grâce à un nouveau projet médical, porté par l’ensemble de ses acteurs.

Nouvelles priorités fixées

« La force de cet hôpital, c’est que l’on soigne tout le monde. Avec le CHU, nous sommes les seuls de l’agglomération toulousaine à être en secteur 1, sans pratiquer de dépassement d’honoraire », met en avant Claudine Regourd, la nouvelle présidente de l’AMS. Une position sociale, sans être un hôpital ghetto, en accord avec l’idée d’un hôpital militant et de médecine sociale, qui a présidé à sa création en 1944 par des combattants républicains espagnols et des résistants.

Depuis, il s’est fait connaître auprès de la population par certains de ses services, que ce soit ceux de soins palliatifs, de lutte contre la tuberculose, d’addictologie ou encore grâce à sa maternité, la troisième de Haute-Garonne avec 2.500 naissances par an.

La nouvelle feuille de route a ainsi fixé l’objectif de passer à 3.000 naissances dans les années à venir, grâce à l’ouverture notamment d’une sixième salle d’accouchement et au recrutement de personnels dédiés. Des embauches qui sont aussi au programme de l’établissement pour remettre sur pied son service de médecine.

« Sa reconstruction est l’une de nos priorités. Il va rouvrir progressivement, avec quatre lits à partir de lundi, on aimerait être en pleine capacité, soit 36 lits, fin décembre, début janvier », explique Cathy Garcia, la nouvelle directrice qui a lancé les recrutements. Avec l’ambition de retrouver sa capacité de 2019 de 1.700 hospitalisations quotidiennes, mais aussi les 3.000 consultations de médecine interne.

La consolidation des urgences ou encore le développement de l’activité de chirurgie orthopédique font aussi partie des projets de Joseph-Ducuing, qui pour un établissement privé, à la particularité de salarier ses médecins. « Nous n’allons pas faire un copié-collé de ce qui existait avant, on se laisse 2022 pour voir ce qui sera le mieux », insiste de son côté Marie-Josée Ferro-Collados, addictologue et représentant de la centaine de praticiens à la commission médicale d’établissement.