Un acte II dans l'affaire Viguier

Béatrice Colin

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Sans surprise, il y aura un deuxième procès Viguier. Acquitté jeudi par la cour d'assises de la Haute-Garonne, le professeur de droit toulousain n'aura eu qu'un week-end de répit pour savourer ce verdict. Hier, Patrice Davost, le procureur général de la cour d'appel de Toulouse, a fait appel. Une position logique au regard des réquisitions de l'avocat général lors du procès. Marc Gaubert avait alors demandé quinze à vingt ans de prison pour Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, disparue le 27 février 2000. Pour son avocat, Georges Catala, « c'est une chasse à courre, après un verdict populaire sans ambiguïté. Le jury a dénoncé ces neuf années de procédure et on proclame un appel, on remet tout en question. »

Mais certaines parties civiles se félicitent de cette décision. « C'est un soulagement pour les deux soeurs de Susi. Elles se retrouvaient sans corps pour faire le deuil et, depuis jeudi, sans coupable. Viguier a été acquitté par défaut. Les jurés ont été influencés par la déposition des enfants, je pense qu'ils se sont dits : "Il y a un tout petit doute qui lui profite" », estime Guy Debuisson, avocat des soeurs de la victime. Lors du procès en appel, qui devrait se tenir selon lui en décembre à Montauban, il fera témoigner ses clientes. « Elles veulent s'expliquer sur certains témoignages, notamment celui de leur mère qui dit que Viguier est innocent. On repart à zéro, mais l'expérience du premier procès va nous permettre de restructurer la stratégie », poursuit-il, espérant pouvoir changer le calendrier d'audience afin d'éviter que les enfants témoignent en dernier. W