Toulouse : Il veut transformer un A380 en hôtel, à deux pas de l’usine où le super jumbo était assemblé

UPCYCLING XXL Un salarié d’Airbus a imaginé reconvertir un A380 voué au démantèlement en un hôtel de 31 chambres, à Blagnac

Béatrice Colin
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Le projet porté par un Toulousain, avec l'idée de transformer un A380 en hôtel.
Le projet porté par un Toulousain, avec l'idée de transformer un A380 en hôtel. — Les Yeux Carrés / Envergure Hôtel
  • Salarié d’Airbus, Frédéric Deleuze a l’idée de reconvertir un A380 en hôtel.
  • Pour cet ingénieur c’est un moyen de valoriser cet avion plutôt que de le démanteler quand il est mis au rancart par les compagnies aériennes.
  • D’ici quelques semaines, l’étude de faisabilité confirmera la viabilité de son projet qui pourrait atterrir en 2024 si le feu vert est donné.

Au Costa Rica ou a Stockholm, des touristes peuvent dormir une nuit dans un Boeing. D’ici quelques mois, ceux qui passeront à Toulouse pour découvrir les chaînes d’assemblage d’Airbus ou encore au musée Aéroscopia pourront s’endormir dans le cockpit d’un  A380 en rêvant de planer au-dessus des nuages.

C’est en tout cas le projet fou dans lequel s’est lancé un salarié de l’avionneur européen. Ce dernier a imaginé durant le confinement la possibilité d’aménager les 555 m2 de surface du super jumbo des airs en un hôtel de 31 chambres, dont 2 suites. Cette idée a germé en juillet 2020 dans la tête de Frédéric Deleuze, chef de projets industriels chez l’avionneur, lorsque le groupe a annoncé un plan de suppressions de postes. A ce moment-là, comme de nombreux « Airbusiens », il s’est interrogé sur ce qu’il pourrait faire.

« Au même moment, j’avais une réunion sur l’écodesign et lors d’une discussion nous avons abordé le démantèlement de l'A380. On s’est dit qu’on pourrait en faire une maison sur le ton de la plaisanterie. La genèse du projet est née à ce moment-là, avec l’idée qu’au lieu de démolir cet avion qui avait nécessité des milliers d’heures de travail, on pouvait le réaménager », explique celui qui s’est lancé dans l’aventure.

Une équipe pluridisciplinaire

Et pour que ce projet ait du sens, au-delà de celui de recycler différemment le géant des airs, il s’est dit que le meilleur endroit où il pourrait l’installer, c’est à proximité de l’usine Lagardère, là où le super jumbo d’Airbus était encore assemblé il y a quelques mois. Afin de compléter l’offre il a imaginé construire sur le tarmac de son hôtel, un restaurant de 60 couverts en forme de tour de contrôle.

Pour passer du rêve à la réalité, l’ingénieur aéronautique s’est entouré d’une équipe de spécialistes, que ce soit dans le domaine de l’hôtellerie-tourisme, que de la construction. Aujourd’hui, une étude de faisabilité technique et économique est en cours. Le terrain identifié et les négociations engagées. « Un travail interdisciplinaire a lieu car il faut faire preuve d’innovation, savoir quels matériaux utiliser, à quel coût tout en respectant les aspects réglementaires. Aménager une chambre dans un avion avec des parois arrondies, ce n’est pas classique, il faut par exemple adapter les cloisons », explique Elodie Galko du groupe Duval promotions qui s’est lancé dans l’aventure de ce projet baptisé « Envergure ».

D’ici à la fin de ce trimestre, la viabilité de ce projet, dont le coût s’élève à plusieurs millions d’euros, sera confirmée. Frédéric Deleuze est en parallèle en train de travailler au rachat d’un A380 voué à partir à la casse. Et il a reçu le soutien de Jean-Claude Dardelet, le président de l’attractivité de Toulouse Métropole.

Si toutes les cases sont cochées, ce nouvel hôtel-restaurant pourrait atterrir d’ici 2024 à la casse. Et les fans d’avions pourront se payer une nuit dans une chambre aménagée dans le fuselage pour 120 à 140 euros, où une suite dans le cockpit pour un peu plus cher. Prêts au décollage ?