L'énergie éolienne a le vent en poupe

Charlotte Boitiaux

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Les éoliennes poussent comme des champignons dans la région. Quatre-vingts mètres de hauteur, dix de plus en diamètre, 250 km/h de vitesse à bout de pale et vingt ans de durée de vie. Selon l'association France énergie éolienne (FEE), ces dames d'acier sont au nombre de 134 en Midi-Pyrénées (contre 73 en 2007), réparties sur une vingtaine de parcs, pour une puissance totale de 254 mégawatts (MW). Pour mieux comprendre, il faut savoir que la production du parc éolien midi-pyrénéen a permis d'alimenter environ 145 000 personnes en 2008, soit quasiment 5 % de la population. Pas peu fière, la FEE espère voir ce potentiel doubler à l'horizon 2010.

Mais tous les départements de la région ne sont pas dans le vent. L'Ariège, le Gers, les Hautes-Pyrénées et le Tarn-et-Garonne ne disposent encore d'aucun « aérogénérateur ». Pour le moment, le Tarn et l'Aveyron sont les sites les plus développés. En Haute-Garonne, seules deux communes sont équipées : Saint-Félix-de-Lauragais (onze éoliennes depuis 2008) et Avignonet-Lauragais (dix éoliennes depuis 2002, plus deux en 2008) pour une puissance totale de 31 MW. Si 47 nouvelles machines sont en projet dans le Tarn et l'Aveyron, aucune extension n'est officiellement en cours dans le département. « Il est très difficile de trouver des endroits assez espacés des habitations pour ne pas troubler le voisinage », explique Bénédicte Riey de l'observatoire de l'énergie en Midi-Pyrénées (Oremip). En effet, les zones de développement éolien (ZDE), sont régies par des critères drastiques tenant compte des possibilités de raccordement au réseau électrique, de l'impact paysager et de la puissance du vent. Par ailleurs, la réaction des habitants ne va pas toujours de pair avec l'enthousiasme des promoteurs. Pour Rosette qui vit à Salles-Curan (voir encadré ci-dessus), le village qui fait face au plus grand parc éolien de France, « il y en a assez ! Ces éoliennes défigurent le paysage, trop c'est trop ». W