Toulouse : Feux rouges grillés ou stationnement illégal sont désormais verbalisés partout en ville grâce aux caméras

VIDEOVERBALISATION A Toulouse, la vidéo verbalisation du stationnement illicite est étendue depuis ce début d’année à l’ensemble de la ville. Elle concerne aussi désormais les infractions à la circulation

Béatrice Colin
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Un policier municipal au PC vidéo de la mairie de Toulouse effectue des patrouilles de vidéo verbalisation.
Un policier municipal au PC vidéo de la mairie de Toulouse effectue des patrouilles de vidéo verbalisation. — B. Colin / 20 Minutes
  • Depuis 2017 et la mise en place de la vidéo verbalisation, chaque année, 11.000 PV sont dressés à Toulouse par l’intermédiaire des caméras pour des infractions aux règles de stationnement dans l’hypercentre.
  • Depuis quelques jours, la vidéoverbalisation est étendue à l’ensemble de la Ville rose pour la circulation, mais aussi les infractions au Code de la route.
  • D’ici la fin du semestre, un dispositif de contrôle des plaques d’immatriculation, coordonné avec la base de données des horodateurs, va permettre de sanctionner les personnes n’ayant pas payé leur stationnement.

« J’effectuais une patrouille visuelle sur le Pont-Neuf lorsque j’ai vu une voiture qui remontait la voie de bus en provenance de Saint-Cyprien. En zoomant, j’ai pu relever sa plaque d’immatriculation », explique une policière municipale, installée derrière l’un des écrans du PC vidéo de la mairie de Toulouse. D’ici quelques jours, cet automobiliste va recevoir dans sa boîte aux lettres une contravention pour infraction au Code de la route, sans avoir jamais vu la moindre trace d’un uniforme sur sa route le jour où il a commis une entorse.

Jusqu’à présent, près de 11.000 PV étaient déjà dressés chaque année via les quelque 470 caméras de vidéosurveillance de la Ville rose à l’encontre de ceux enfreignant les règles de stationnement dans l’hypercentre. Depuis le début de l’année, le territoire de la  vidéoverbalisation est étendu à l’ensemble du territoire de la ville, et les infractions relevées concernent désormais aussi la circulation.

« Discernement » dans les infractions

Que ce soit pour un feu grillé, un contresens, un téléphone portable au volant ou encore une ceinture non attachée, les automobilistes toulousains pris par les patrouilleurs virtuels s’exposent à des amendes allant de 35 à 135 euros. « On fait preuve de discernement. Par exemple pour un stationnement gênant, on attend quelques minutes, on regarde s’il y a de la circulation, s’il n’est pas autorisé à s’arrêter dans le cadre de la charte de livraisons », assure un autre policier municipal, focalisé ce matin-là sur le boulevard Pierre-Sémard qui longe la gare.

Un point noir concernant la circulation et le stationnement gênant : les automobilistes se garant en double file et créant régulièrement des bouchons mais aussi des risques d’accident. « La vidéo verbalisation est très complémentaire de l’action des agents sur le terrain. Son objectif est d’aller chercher les infractions qui empêchent la fluidité de la circulation, mais aussi veiller à la sécurisation des usagers des modes doux. L’idée n’est pas de matraquer, mais il y a un réel besoin de faire respecter les règles du vivre ensemble. La voie des bus, c’est pour les bus, les pistes cyclables pour les vélos », martèle Emilion Esnault, l’adjoint au maire en charge de la Sécurité, qui espère ainsi pouvoir toucher les auteurs de rodéos urbains ou les convois de mariage peu soucieux des règles.

Une vingtaine de points noirs sont ainsi scrutés de près, que ce soit Matabiau, la rue Bayard, la ceinture des boulevards, ou encore le Pont-Neuf. Ces dernières années, les opérateurs vidéos ont souvent pris en flagrant délit des resquilleurs garés de façon anarchique sur les pistes cyclables du quartier Saint-Cyprien. « A coup de PV de 135 euros, aujourd’hui, il n’y en a presque plus, et les cyclistes peuvent circuler de manière plus sécurisée », assure Christophe Mielnik, le directeur opérationnel de la police municipale.

Vers un contrôle automatisé du paiement du stationnement

D’ici quelques mois, cette vidéo verbalisation sera complétée par un nouvel outil : le LAPI, un système installé dans les véhicules de la police municipale et qui permet de lire des plaques d’immatriculation afin de savoir si les propriétaires de voitures garées se sont bien acquittés du paiement de leur stationnement. « Nous savons qu’il y a un respect du stationnement relativement faible : seuls 30 % des automobilistes paient leur parcmètre. L’idée est d’utiliser le LAPI pour faire tourner le stationnement et libérer du temps aux effectifs des agents de surveillance de la voie publique, et de faire respecter les zones bleues ou le stationnement sur les places PMR », indique Emilion Esnault.

Les deux premiers machines LAPI devraient arriver dans les prochains jours et seront dans un premier temps testés à blanc. Avant une mise en service avant la fin du premier semestre.