Grève des éboueurs à Toulouse : Monceaux d’ordures, dépôts bloqués, le ton se durcit… des deux côtés

SOCIAL L’intersyndicale des éboueurs de Toulouse Métropole est ressortie d’une réunion ce mercredi sans avoir obtenu des avancées significatives selon ses membres

Béatrice Colin
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Des poubelles sur la place du Capitole, début janvier, alors que la grève des éboueurs dure depuis le 15 décembre.
Des poubelles sur la place du Capitole, début janvier, alors que la grève des éboueurs dure depuis le 15 décembre. — Fred Scheiber / SIPA
  • Après l’échec des négociations de mercredi sur la suppression du "fini-parti" et l’application des 35 heures, les grévistes ont bloqué des dépôts ce jeudi.
  • Le maire Jean-Luc Moudenc (LR) hausse le aussi le ton.
  • Il est prêt à accorder 9, voire 11, jours de congé supplémentaires aux agents de la collecte mais brandit aussi l’hypothèse d’une privatisation du service.

Dans certains quartiers de Toulouse, l’entassement des poubelles sur les trottoirs commence à poser de sérieux problèmes d’hygiène. Et cela ne va pas s’arranger au cours des prochains jours. Ce jeudi matin, les éboueurs ont décidé de bloquer les deux dépôts de la Ville rose d’où partent chaque matin les camions de collecte des ordures ménagères.

Le dépôt du Raisin a été bloqué ce jeudi matin par les éboueurs de Toulouse après l'échec des négociations.
Le dépôt du Raisin a été bloqué ce jeudi matin par les éboueurs de Toulouse après l'échec des négociations. - DR

La veille, à la sortie de la réunion avec la direction de leur service, les représentants syndicaux des éboueurs avaient indiqué qu’ils n’avaient pas obtenu d’avancées significatives pour mettre un terme à  la grève qu’ils ont commencée le 15 décembre dernier.

« Nous avions calculé que la fin du « fini parti » équivalait à une perte de 67 jours de congé par an. Nous demandions une prise en charge de la pénibilité à hauteur de la moitié de ces jours. Avant d’entrée en négociation, ce mercredi, la direction proposait sept jours de compensation. A la sortie, c’était neuf jours. Et du côté de la rémunération et de la compensation, on est aussi loin de ce qu’on espérait », indiquait mercredi Nicolas Refutin du syndicat FO de Toulouse Métropole.

Actions symboliques

Ce jeudi matin, lors de la prise de service dans les entrepôts, l’intersyndicale a donc fait part des échanges avec la direction. La réponse a été immédiate et s’est traduite par un blocage, une des actions symboliques qu’avaient envisagées les syndicats. Aucun des 29 camions du dépôt de Monlong ou des 17 camions de ramassage du Raisin n’a ainsi pu sortir. Les autres dépôts de l’agglomération n’ont pas été bloqués, mais ont une activité très limitée en raison de la grève des agents.



Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse et président de la Métropole, dont les grévistes exigeaient l’intervention personnelle, s’est exprimé à l’occasion de ses vœux à la presse sur ce dossier qui empoisonne la rentrée. Il a laissé entendre que la collectivité pourrait concéder jusqu’à 11 jours de congé compensatoires, soit l’équivalent de ce qu’ont obtenu les policiers municipaux. « Mais je n’accorderai pas 28 jours et encore moins 34 jours », a-t-il prévenu.

La menace d’une privatisation

L’édile a aussi lancé à l’attention des grévistes « une mise en garde solennelle » : « Si une paralysie du service devait perdurer, alors ça voudrait dire qu’ils font eux-mêmes la démonstration que l’application de la loi à Toulouse avec eux n’est pas possible. Veulent-ils que la collecte des ordures ménagères soit confiée à une ou plusieurs entreprises privées à travers une DSP [délégation de service public] ? », demande Jean-Luc Moudenc. Il affirme que cette dernière hypothèse fait partie des revendications des Toulousains qui lui remontent.