Le casse-tête juridique des parties civiles

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Première journée, première passes d'armes. Marc Gaubert, l'avocat général, a entamé les débats en soulevant « une véritable difficulté juridique » : la présence sur le banc des parties civiles des enfants de Jacques Viguier, Clémence, Nicolas et Guillaume et celle de Claude Petit, la mère de la disparue. Tous les quatre sont incontestablement victimes de la disparition de Susi mais ne croient pas pour autant à la culpabilité de Jacques Viguier. Or, la constitution de partie civile, permet notamment lorsque l'accusé est reconnu coupable d'obtenir des réparations financières dont ils ne veulent a priori pas. « Nous ne pouvons pas préjuger de leur position mais il y a un risque de profiter de ce statut pour polluer le dossier », a estimé Francis Szpiner, l'avocat d'une des soeurs de Susi qui, elle, est persuadée de la culpabilité de son beau-frère. Il a aussi rappelé que les parties civiles disposent aux assises du privilège de poser les questions en premier. Cette polémique a soulevé l'indignation sur le banc de la défense. « Je ne comprends pas cet acharnement. Si l'on veut fermer des bouches, c'est parce qu'on ne veut pas la vérité ! », a réagi Henri Leclerc, l'un des avocats de l'accusé. « On vous propose ni plus, ni moins d'assujettir les consciences », s'est emballé son collègue Georges Catala. « Il s'agit d'un procès d'intention qui aboutit à faire taire une voix dont on ne sait pas encore ce qu'elle va dire », a ajouté Laurent De Caunes, le conseil de Claude Petit. Le président de la cour d'assises réserve sa décision sur l'irrecevabilité éventuelle de certaines parties civiles « jusqu'à la fin des débats ». W