Très intelligent, un brin psychorigide mais pas du tout fou

Hélène Ménal

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« Viguier Jacques, professeur ». C'est ainsi que s'est présenté l'accusé à son arrivée dans le box, hier. En dehors des documents qu'il a sortis de sa serviette puis un peu annotés pendant le tirage au sort des jurés, il n'a pas bougé. Légèrement voûté, l'homme est resté impassible alors que sa vie - ses infidélités conjugales notamment - défilait à la barre en cette première journée consacrée à l'examen de sa personnalité. Pas de trace de cette arrogance si souvent décrite depuis la disparition de sa femme, Susi, le 27 février 2000 et dont il doit répondre aujourd'hui du meurtre. L'accusé est décrit comme « très intelligent et réservé », par deux experts.

La psychologue Catherine Hovsepian estime qu'il est « consciencieux, strict » et qu'il « essaie de compenser sa psychorigidité par des éléments de souplesse ». Le psychiatre Daniel Zagury n'a pour sa part détecté « ni pathologie, ni névrose » chez ce cinéphile boulimique, pas même la froideur souvent évoquée. Il voit plutôt « un ancien timide qui compense et surmonte un fond de doute concernant sa valeur ». S'il n'écarte pas « un effondrement brutal des défenses » de Jacques Viguier, il ne croit ni à l'assassinat de sang-froid, ni au crime passionnel d'un mari jaloux. A la grande satisfaction de Georges Catala, avocat de la défense heureux de ne pas retrouver « ce soi-disant mégalomane très très froid dont on nous parle depuis neuf ans ». « Viguier est un type d'une intelligence supérieure qui maîtrise tout, y compris devant les experts », assure de son côté Guy Debuisson, l'avocat d'une des soeurs de Susi. W