Une rentrée universitaire à double détente

Charlotte Boitiaux

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Un bon nombre dira que le spectre des examens y est pour beaucoup. Hier, la rentrée scolaire a fait le grand écart entre les deux universités toulousaines les plus impliquées dans la contestation contre la loi Pécresse. Si à Paul-Sabatier le mouvement semble s'essouffler, au Mirail, il se radicalise. En effet, du côté de Rangueil, les cours ont non seulement repris, mais un nouveau calendrier des examens a aussi été entériné hier soir. Les sessions d'examen et de rattrapage auront lieu du 25 mai au 3 juillet. « Le rattrapage des cours est encore faisable sans dévaloriser les examens », affirme le professeur de physique, Manitra Razafinimanana, ravi de reprendre ses activités tout en soutenant le mouvement.

La question de la valeur du diplôme est au centre des discussions. « Nous les voulons irréprochables », insiste à plusieurs reprises Gilles Fourtanier, le président de Toulouse III. Quant à l'assemblée générale étudiante (AG), elle n'a rassemblé que 350 personnes qui ont revoté la grève mais n'ont pas évoqué la question du blocage. « Le mouvement est en train de mourir là-bas », soupire une étudiante du Mirail.Sur son campus, la rentrée était plutôt synonyme d'effervescence. Hier, les deux AG, du personnel et des étudiants, ont revoté la poursuite de la grève et du blocage, à une large majorité, jusqu'à mardi prochain. Véritables fer de lance du mouvement de contestation, les étudiants grévistes ont fait salle comble pour leur AG : ils étaient plus de 1 500 dans l'amphi. Parmi les motions votées : celle de l'occupation du bâtiment de la présidence.

Près de 400 étudiants ont ainsi investi le bureau de Daniel Filâtre, le président et la salle du conseil d'administration où il recevait au même moment l'intersyndicale. Après l'avoir exhorté à valider automatiquement le semestre, certains grévistes lui ont conseillé de présenter sa démission séance tenante. « Sûrement pas », leur a-t-il répondu avant de quitter la salle. Les grévistes ont occupé les locaux la nuit dernière et estiment désormais illégitime la présidence. W