Toulouse : Les poubelles s’amoncellent, la grève des éboueurs va-t-elle continuer à s’enliser ?

SOCIAL Depuis le 15 décembre dernier, les éboueurs de Toulouse Métropole sont en grève pour dénoncer la fin du « fini parti ». Alors qu’aucune négociation n’a eu lieu durant la période des fêtes, une réunion a lieu ce mercredi entre la direction et les organisations syndicales

Béatrice Colin
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Les éboueurs de Toulouse sont en grève depuis le 15 décembre dernier.
Les éboueurs de Toulouse sont en grève depuis le 15 décembre dernier. — B. Colin / 20 Minutes
  • Depuis le 15 décembre, une grande partie des éboueurs de Toulouse Métropole sont en grève pour dénoncer la fin du système du « fini-parti ».
  • Depuis le 21 décembre, les négociations n’avancent plus entre la direction et les organisations syndicales. Si les éboueurs ont accepté la fin du « fini parti », ils demandent une reconnaissance de la pénibilité de leur travail par compensation à hauteur de 34 jours par an.
  • La collectivité est opposée à une telle compensation et estime avoir fait des propositions « raisonnables ». Une réunion se tiendra mercredi.

Dans les faubourgs de Toulouse, depuis plusieurs jours, les poubelles s’amoncellent sur les trottoirs. Et la période des fêtes n’a pas amélioré la situation. Depuis le 15 décembre dernier, une grande partie des  éboueurs de la métropole est en grève, et les collectes des déchets se font au compte-goutte.

Le mouvement a pris racine chez les agents de la collectivité lorsque leur direction leur a annoncé en novembre dernier vouloir mettre fin au système du « fini parti ». Une décision prise pour se mettre en conformité avec la loi de transformation de la fonction publique. Cette dernière impose en effet aux agents territoriaux de faire désormais 1.607 heures par an, soit 35 heures par semaine, et non plus 25 heures en moyenne actuellement selon la métropole.

Après un ultime rendez-vous le 21 décembre dernier, les négociations sont depuis au point mort entre la direction et les organisations syndicales. « Nous avions prévu de nous revoir le 24, mais nous n’avons jamais eu de retour. Le calendrier ce n’est pas de notre fait, c’est le choix de la collectivité », assure Nicolas Refutin, du syndicat FO Toulouse Metropole.

34 jours par an pour compenser la pénibilité

Pour ce dernier, les éboueurs ont pourtant donné des gages de bonnes volontés en acceptant de revenir sur le « fini parti ». Mais en contrepartie, ils veulent une reconnaissance de la pénibilité de leur travail, par une baisse de 15 à 20 % de leur temps de travail. « Au départ on demandait 33 %, aujourd’hui on est à 15 %, ce qui a été obtenu à Marseille. Ce qui chez nous fait 34 jours. On nous propose 48 heures sur un an, ce n’est pas avec ça qu’on reconnaît la pénibilité », déplore le syndicaliste.

Avec les autres organisations, ils ont rendez-vous mercredi avec la direction pour avancer sur ces questions. Mais d’ores et déjà, le vice-président chargé des déchets et de la propreté à Toulouse Métropole assure que la collectivité « n’ira pas jusqu’à 34 jours de compensation ». « C’est un travail pénible, nous le reconnaissons. Mais la pénibilité est déjà prise en charge au niveau de salaires. Aujourd’hui, nous ne sommes plus à deux jours, mais à sept jours de compensation proposés. La police municipale par exemple est à onze jours, mais le risque est aussi pris en compte. Il faut quelque chose de raisonnable », plaide Vincent Terrail-Novés.

Journée décisive mercredi

L’élu assure par ailleurs que des avancées ont aussi lieu, en donnant notamment la priorité à l’embauche des contractuels, ou encore « un travail sur le financement des samedis et jours fériés ». Pour ce dernier, s’il n’y a pas eu de rencontres depuis le 21 décembre, ce n’est pas pour cela que le dossier n’a pas avancé.

La rencontre de mercredi pourrait laisser entrevoir une possibilité de voir le dialogue renoué. « La colère est montée d’un cran ces derniers jours chez les éboueurs. Si on n’a pas de réponses, il va s’amplifier et il y a tout un tas d’actions symboliques que l’on peut faire », prévient Nicolas Refutin de FO.