Une rentrée universitaire à double détente à Toulouse

EDUCATION L’université Paul-Sabatier a repris les cours, le Mirail a reconduit le blocage ce lundi...

Charlotte Boitiaux

— 

La mobilisation universitaire, entrée dans sa sixième semaine, semblait mardi ne pas faiblir, une majorité d'universités étant en grève ou bloquées, selon les remontées des bureaux de l'AFP.
La mobilisation universitaire, entrée dans sa sixième semaine, semblait mardi ne pas faiblir, une majorité d'universités étant en grève ou bloquées, selon les remontées des bureaux de l'AFP. — Eric Cabanis AFP/Archives

Beaucoup diront que le spectre des examens y est pour beaucoup. Ce lundi, la rentrée scolaire a fait le grand écart entre les deux universités toulousaines les plus impliquées dans la contestation contre la loi Pécresse.

A Paul-Sabatier, le mouvement semble s’essouffler, au Mirail, il se radicalise. En effet, du côté de Rangueil, les cours ont non seulement repris, mais un nouveau calendrier des examens a aussi été entériné dans la soirée. Les deux sessions de partiels devraient se dérouler avant le vendredi 4 juillet. «Le rattrapage des cours est encore faisable sans dévaloriser les examens», affirme le professeur de physique Manitra Razafinimanana, ravi de reprendre ses activités tout en soutenant le mouvement.

La question de la valeur du diplôme est au centre des discussions. «Nous les voulons irréprochables», insiste à plusieurs reprises Gilles Fourtanier, le président de Toulouse III. Quant à l’assemblée générale étudiante (AG), elle n’a rassemblé que 350 personnes qui ont revoté la grève mais n’ont pas évoqué la question du blocage. «Le mouvement est en train de mourir là-bas», soupire une étudiante du Mirail.

Les locaux administratifs investis

Sur son campus, la rentrée était plutôt synonyme d’effervescence. Les deux AG, du personnel et des étudiants, ont revoté ce lundi la poursuite de la grève et du blocage, à une large majorité, jusqu’à mardi prochain. Véritables fers de lance du mouvement de contestation, les étudiants grévistes ont fait salle comble pour leur AG: ils étaient plus de 1.500 dans l’amphi, certains ne pouvant même pas rentrer.

Parmi les motions votées, se trouvait celle de l’occupation du bâtiment de la présidence. Près de 400 étudiants ont ainsi investi le bureau de Daniel Filâtre, le président de l’université, et la salle du conseil d’administration où il recevait au même moment l’intersyndicale. Après l’avoir exhorté à valider automatiquement le semestre, certains grévistes lui ont conseillé de présenter sa démission séance tenante. «Sûrement pas», leur a-t-il répondu avant de quitter la salle. Les grévistes vont occuper les locaux cette nuit et estiment désormais illégitime la présidence.

Dégradations à Paul-Sabatier Lors du blocage des bâtiments, certaines dégradations ont été constatées. Selon la direction, il manquait environ 400 chaises, des tags ont été dessinés, des portes abîmées, des tables cassées… Durant les vacances de Pâques, l’ensemble du personnel du service technique et logistique a «remis en état» les locaux pour préparer la rentrée. Sur le plan financier, cette opération a coûté 25.000 euros pour l’achat de mobilier, 3.500 euros de frais de manutention, 5.000 euros pour les réparations.