L'affaire Viguier devant la cour d'assises

Béatrice Colin

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Neuf ans après la disparition de Suzy Viguier, les jurés de la cour d'assises de la Haute-Garonne auront neuf jours pour se forger un avis sur la culpabilité de son mari, Jacques Viguier, 51 ans. Ce professeur de droit de l'Université des sciences sociales comparaît libre cet après-midi pour le meurtre de sa femme. Sans preuve, ni aveu, ni cadavre, ce procès devra lever le voile sur les mystères qui entourent cette affaire depuis ses débuts.

Cette mère de trois enfants n'a plus donné signe de vie depuis le dimanche 27 février 2000. La veille au soir, elle avait participé à un tournoi de tarot à Montauban, en compagnie de son amant, Olivier Durandet. Ce dernier l'avait raccompagnée au petit matin au domicile conjugal du quartier la Terrasse, un fait confirmé par son mari qui assure l'avoir entendue rentrer, puis l'avoir vu allongée sur le canapé où elle dormait depuis qu'ils faisaient chambre à part. C'est la dernière fois que cette jeune femme de 38 ans, professeur de danse, sera aperçue vivante. Durant l'après-midi, son amant avec qui elle devait passer la journée tente de la joindre. En vain. Ce jour-là, Jacques Viguier est allé déjeuner chez ses parents en compagnie de ses enfants, récupérés un peu plus tôt par son père. Le soir, lorsqu'il rentre chez lui, la voiture de sa femme est dans le garage, ses affaires de toilette, ses lunettes et ses clefs n'ont pas bougé. Habitué aux absences de Suzy, il ne se préoccupe pas outre mesure de cette disparition. Après avoir consulté lundi soir un policier qu'il connaissait, le professeur de droit finira par aller au commissariat deux jours plus tard pour signaler la disparition de son épouse. Il sera suivi par Olivier Durandet qui exprimera très vite des doutes sur le mari de sa maîtresse. Il deviendra le principal suspect du meurtre de sa femme le jour où la police scientifique va découvrir des tâches de sang dans leur maison du quartier de la Terrasse et son sac à main dans un placard. Les enquêteurs mettent en doute aussi son alibi, entre 10 h et 12 h, période où Suzy aurait disparu. Jacques Viguier assure avoir fait un jogging. Or peu de personnes lui connaissent une passion pour ce sport. Depuis sa mise en examen en mai 2000, il n'a cessé de clamer son innocence. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. W